MADAR/Nouakchott le 08-09-2026
Dans le cadre de la mise en œuvre du projet SYSALIM (Systèmes Alimentaires Durables et Inclusifs) financé par l’UE et la Belgique, le comité de pilotage a tenu son premier conclave aujourd’hui à Nouakchott.
Face à 1 enfant sur 4 touché par la malnutrition chronique, la Mauritanie change de stratégie
Le Comité de pilotage du projet SYSALIM « Systèmes Alimentaires Durables et Inclusifs pour l’amélioration de la sécurité alimentaire et nutritionnelle » s’est en effet réuni ce mardi au Ministère des Affaires économiques et du Développement.
Un signal fort : l’Union européenne débloque 13,5 millions d’euros et confie la mise en œuvre à ENABEL, l’agence belge de coopération internationale, pour transformer en profondeur l’assiette des Mauritaniens.
Un projet à double détente, selon M. Cheikhna Beddad, Directeur des Politiques et Stratégies au MAED, SYSALIM s’attaque au problème à la racine.
Le projet repose sur deux piliers : Produire mieux : renforcer les chaînes de valeur agricoles à fort potentiel, développer la vulgarisation, rapprocher producteurs et marchés et faciliter l’accès au financement.
Gouverner mieux : améliorer la coordination entre secteurs, intégrer la nutrition dans les politiques de finances publiques et promouvoir les produits locaux.
Résultat attendu : une alimentation « saine, sûre, diversifiée et accessible à tous » et des systèmes plus résilients face au changement climatique.
Le projet ciblera 7 wilayas : Hodh Charghi, Hodh El Gharbi, Assaba, Guidimagha, Gorgol, Brakna et Trarza. Priorité sera donnée aux femmes, aux jeunes et aux porteurs de projets locaux.Bâtir sur l’existant pour aller plus loin
Pour M. Laurent Delouvroy, Directeur Pays d’ENABEL, ce COPIL est « une étape clé ». L’organe sera chargé de l’orientation stratégique et du suivi.
SYSALIM ne part pas de zéro. Il capitalise sur RIMDIR, RIMFIL, SECURALIM et MIRECAM. Au total, ENABEL supervise un portefeuille intégré de 55 millions d’euros sur 5 projets structurants jusqu’en 2030 : AI-PASS 3, SECURALIM, SYSALIM, MIRECAM et PRADEP-AOS.
« Au-delà du suivi, ce comité doit veiller à l’alignement parfait avec les priorités nationales. L’officialisation par arrêté sera un gage de durabilité », a souligné le Directeur Pays d’ENABEL.
L’urgence d’agir : 4,7% du PIB perdu chaque année
Le contexte justifie l’investissement massif. D’après l’enquête SMART 2008-2025, la situation n’a guère évolué : la malnutrition chronique frappe 25% des moins de 5 ans et la malnutrition aiguë dépasse les seuils d’urgence dans près de la moitié des régions.
Pire, le surpoids explose. Ce « double fardeau» a un coût énorme : 4,7% du PIB annuel est perdu à cause de la seule sous-nutrition.
Face à cette crise, l’Etat monte en puissance. Le Ministère de l’Économie assure le point focal SUN, un Conseil National pour le Développement Nutritionnel est présidé par le Premier ministre, et une plateforme Société Civile a été créée.
Pour le volet communication, l’Association des journalistes pour la nutrition en Mauritanie (AJNM) qui vient d’obtenir son récépissé s’engage à travailler avec le gouvernement et tous les partenaires pour l’atteinte des objectifs escomptés.
Pour le Gouvernement, les partenaires et la société civile, l’enjeu est clair : transformer durablement les systèmes alimentaires pour vaincre l’insécurité alimentaire et la dépendance aux importations.
Bakari Gueye






