MADAR/Nouakchott le 14-06-2026
Dans la région de l’Assaba comme un peu partout ailleurs en Mauritanie, l’intervention des ONG constitue un appoint précieux pour les populations en général et pour les couches les plus vulnérables comme les femmes et les enfants, en particulier.
A l’occasion de la mission de presse du Réseau des Journalistes Amis de l’Enfance (REJADE) organisée conjointement par le ministère de la culture des Arts, de la Communication et des Relations avec le Parlement et l’UNICEF, du 08 au 12 juin, les journalistes ont été édifiés sur les interventions des ONG dans ce domaine.
Ils ont pu constater de visu la mise en œuvre de certains projets qui contribuent à l’amélioration des conditions de vie des femmes et des enfants.
Lors d’une réunion organisée le 9 juin au siège du sous-bureau de l’UNICEF à Kiffa, les journalistes ont eu droit à une présentation détaillée des projets menés par les différentes ONG intervenant dans la région.
Parmi ces organisations on peut citer le PAM, l’UNICEF, l’AED, la World Vision, Action DEV, Au Secours et le réseau régional de la petite enfance.
La majorité de ces ONG travaillent pour la mise en œuvre de projets financés par l’UNICEF.
L’action de « AED » en faveur des enfants déscolarisés
L’ONG AED (Assistance-Education) intervient activement dans la région de l’Assaba dans le domaine de l’éducation et de la santé communautaire.
Elle collabore avec des partenaires comme l’UNICEF pour distribuer des kits scolaires et autonomiser les élèves.
Selon Djigo Abou responsable au sein de l’ONG, AED agit sur 3 volets et couvre plus de 100 localités dans les moughataas de Kiffa, Kankossa et Barkéol.
La protection, la nutrition et la santé constituent les 3 volets de l’ONG qui sont toujours pris ensemble.
L’ONG identifie les enfants déscolarisés, les prend en charge pour les réinsérer ensuite dans le système éducatif.
Elle travaille étroitement avec les services techniques du ministère de l’Education (DREN et IDEN) et cible les enfants âgés de 9 à 14 ans.
La remise à niveau des enfants dure 3 mois pour les plus avancés. Quant aux enfants non scolarisés ils sont formés pour le niveau 1.
Les évaluations sont organisées au niveau de chaque localité.
Selon Mr Djigo, la majorité de ces enfants ne disposent pas de papiers d’état civil, ce qui constitue un grand défi. Il y a aussi dit-il, le problème des écoles incomplètes ; le manque d’enseignants et leur manque de formation en technique multigrade.
Il y a aussi l’exposition des enfants à la chaleur et les classes surchargées ; autant de facteurs qui contribuent à l’abandon scolaire.
L’AED qui intervient dans la région depuis 2025 a assisté cette année 1009 enfants. Au total elle a identifié 1606 enfants dont 737 filles soit 89,5% par rapport à la cible globale qui est de 1800 enfants.
L’AED profite du Système de Protection Communal (SPC) mis en place pour faciliter l’enrôlement des enfants.
Au niveau de la ville de Kankossa où la question de l’état civil se pose avec acuité l’ONG a obtenu un quota de 3 enfants par semaine. Cette collaboration avec les services de l’état civil existe aussi au niveau de la localité de Legrane.
Le projet 1000 jours de « World Vision »
La World Vision mène actuellement dans la région de l’Assaba un important projet. Il s’agit du « Projet Résilience Communautaire : 1000 jours ». Ce projet s’étale sur 2 ans, de décembre 2024 à décembre 2026.
C’est un projet multisectoriel concernant les enfants de 2 ans. L’ONG appuie les centres préscolaires avec la formation et l’équipement des monitrices.
Selon Daouda Diop spécialiste Nutrition à World Vision, ce projet prend en compte l’identification des enfants non enrôlés. 10 à 15 enfants sont pris en charge par les services de l’Etat civil.
A ce jour, 184 enfants ont été enrôlés dans les 3 moughataas de Kiffa, Kankossa et Barkéol.
Les 3 moughataas regroupent 50 centres et ont bénéficié de distributions de tables-bancs, de jeux, etc.
A noter que ce projet est financé par l’UNICEF.
L’ONG « Au Secours » au chevet des plus démunis
Cette ONG porte assistance aux femmes les plus vulnérables et leur permet d’améliorer leur pouvoir d’achat.
Selon Mr Ba Moussa, responsable régional de l’ONG, Au secours pilote actuellement le projet « Contribution à la Résilience des Communautés bénéficiaires du cash transfert monétaire de TAKAVOUL et du PAM ».
Sont ciblés des groupes de crédit et d’épargne. Elle mène l’organisation et la sensibilisation pour aider les communautés à épargner suivant les normes savings groups qui reposent sur un ensemble de bonnes pratiques mondiales standardisées, développées par des organisations internationales. Ces règles garantissent l’autonomie, la transparence et la sécurité financière des membres.
Ces groupes sont dirigés par un comité de pilotage composé de personnes lettrés. Mais le groupe peut être présidé par une femme non lettré, pourvu qu’elle soit leader au sein de sa communauté.
Ces groupes, note Mr Ba bénéficient d’un suivi et d’une formation continue et ont un impact positif sur la communauté.
On compte actuellement 20 groupes à Hamed et 18 à Leweissi, les 2 communes concernées par le projet en Assaba.
Réseau de la petite enfance : 286 centres de développement communautaires
Au niveau de la région de l’Assaba, le réseau de la petite enfance dirigé par Roghaya Mint Sideyni mène des actions dans les domaines de la protection, de la nutrition et de l’éducation.
Selon Mint Sideyni dans le domaine de la protection, le réseau sensibilise autour de tous les dangers menaçant les enfants et notamment les enfants de la rue.
Dans le domaine de la nutrition, le réseau a mis en place 286 centres de développement communautaire avec des CAC et des jardins d’enfants.
Il sensibilise sur l’éducation parentale, la vaccination, le suivi de la grossesse, l’allaitement, etc.
Chaque centre est composé de 25 femmes avec un Comité de santé, un comité d’hygiène, un comité alimentaire, un comité pour le dépistage actif de la malnutrition.
Et il y a un comité de supervision ainsi que des AGRs au niveau de chaque centre.
13 centres sont construits par la World Vision. Les centres des localités de Ghoratt et Melgué ne sont pas opérationnels.
La responsable du réseau affirme qu’on compte 503 enfants en âge de scolarisation. 300 enfants ont par ailleurs été enrôlés grâce à l’appui de la World Vision.
Le réseau revendique 17 campagnes de sensibilisation. Il procède chaque année au mois de septembre à un recensement des enfants handicapés et lance des alertes à l’endroit du ministère de l’Action Sociale, de l’enfance et de la famille.
Ainsi la région compte présentement 702 handicapés de moins de 18 ans.
« Action Dev » appuie le développement des filets sociaux
L’ONG Action Dev mène actuellement en Assaba un projet dans le domaine de la protection sociale explique Samba Barry superviseur de l’ONG basé à Kiffa.
Ce projet est intitulé : « Contriution au développement des filets sociaux productifs ». Il est financé par l’UNICEF et a été lancé en mars 2025. Il couvre les 3 moughataas de Kiffa, Kankossa et Barkéol.
Le projet cible les ménages sortants du programme Takavoul. Il concerne une soixantaine de regroupement de 4 à 10 personnes qui identifient chacun une activité. Une phase de suivi-évaluation est prévue dans le projet afin de connaitre l’orientation.
Les handicapés au sein des familles sont signalés. Les groupements comptent 207 ménages au total.
Bakari Gueye






