Birame critique la condamnation de trois militants de «IRA» et la qualifie de «grande injustice»

MADAR/Nouakchott le 14-08-2026

Le député parlementaire Biram Ould Dah Ould Abeid a critiqué le jugement rendu contre trois militants du mouvement «IRA», les condamnant à quatre ans de prison ferme, considérant que l’affaire représente une «grande injustice» et révèle, selon lui, un double standard dans le traitement des questions de droits et de justice.

Et Ould Abeid a déclaré, dans un message après la condamnation à quatre ans de prison ferme de trois militants du mouvement, dont «Madar» a obtenu une copie, qu’il se tenait aux côtés des trois militants et de leurs familles, louant leur résilience et leur équipe de défense.

Le député et président du mouvement «IRA» pour les droits de l’homme, Biram Ould Dah Ould Abeid, a tenu le régime actuel responsable de ce qu’il a qualifié d’«injustice» subie par les trois activistes.

Le communiqué a considéré que l’affaire dépasse les activistes condamnés, se demandant comment celui qui signale des faits soupçonnés d’être liés à l’esclavage devient accusé, alors que les victimes de ces pratiques ne bénéficient pas d’une protection adéquate et que les responsables ne sont pas tenus pour compte, selon ses dires.

Ould Abid a critiqué la rapidité des procès des activistes et les jugements rendus contre eux, comparée à ce qu’il a décrit comme la lenteur du traitement des dossiers de corruption, de mauvaise gestion et de détournement de fonds publics, se demandant combien de cas mentionnés dans les rapports de la Cour des comptes ont été résolus et dans quelle mesure les responsables ont été tenus pour responsables avec la même rapidité.

Ould Abeid a cité en exemple l’affaire de l’ancien député Mohamed Ould Ghadda, considérant que sa poursuite et son emprisonnement après avoir révélé ce qu’il a qualifié de dépassements et de circonstances graves dans des marchés publics, représentent, selon lui, un modèle de ciblage des voix qui mettent les affaires de corruption en avant.

Il a déclaré que ce qui se passe ne représente pas, à son avis, un incident isolé, mais plutôt un « modèle récurrent » consistant à poursuivre ceux qui révèlent l’esclavage, la corruption ou le détournement de fonds publics, tandis que d’autres affaires, selon ses dires, ne montrent pas le même degré de rigueur.

Il a également comparé le jugement actuel aux jugements rendus contre 13 militants de «IRA» en 2016, sous le régime de l’ancien président Mohamed Ould Abdel Aziz, en soulignant que certains de ces jugements ont atteint 15 ans de prison, y compris le jugement contre Abdallah Abou Joub, l’un des condamnés dans l’affaire actuelle.

Et il a interpellé le président Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani en se demandant en quoi le traitement actuel du pouvoir envers «IRA» diffère de celui du régime précédent, ajoutant que les visages peuvent avoir changé, mais la question demeure de savoir si «la mentalité et la méthode» ont changé.

Ould Abeid s’est également demandé si les poursuites et les jugements rendus contre les activistes reflètent la force et la cohésion du régime, ou s’ils sont un indicateur de son sentiment de proximité de la fin de son mandat, affirmant que «l’histoire récente» et les Mauritaniens en jugeront.

Il a conclu sa déclaration en affirmant que sa position vis-à-vis des trois activistes n’était pas seulement liée à leur appartenance à «IRA», mais à ce qu’il considérait comme une défense du droit des citoyens à s’exprimer, à dénoncer l’esclavage, la corruption, le détournement de fonds publics et à revendiquer leurs droits sans être poursuivis.

Il a également salué les foules de «IRA» qui ont assisté à l’audience, ainsi que les militants condamnés et leurs familles, les considérant comme ayant résisté à ce qu’il a qualifié de répression et de violence, en insistant sur la poursuite du mouvement dans la lutte pour ce qu’il considère comme des droits pour les victimes des pratiques d’esclavage.

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