Burkina Faso : des responsables de syndicats et d’organisations de la société civile réquisitionnés

Nouakchott/Madar/06-11-2023

Les autorités militaires ont procédé à la réquisition de plusieurs personnalités pour aller servir au front. L’information a été rendue publique par certains qui sont de la cohorte. Même si cela conforme à l’arsenal juridique adoptée par les autorités de la Transition, les profils font débats et les condamnations de fusent de toutes parts depuis hier.

Le secrétaire général de la Confédération générale des travailleurs du Burkina (CGT-B), Moussa Diallo figure parmi les personnes ciblées par cette réquisition. Lui qui, une semaine auparavant, préparait, avec d’autres mouvements, un meeting de dénonciation de certains abus. Depuis le 19 avril dernier, le Président de la Transition, le Capitaine Ibrahim Traoré a pris un décret portant « mobilisation générale et mise en garde ». Ce décret, en son article 2 accorde au gouvernement « le droit de requérir les personnes, les biens et les services(..) » pour nécessité de la défense.

Son application, fait débat au sein de l’opinion du fait des profils qui sont réquisitionnés. Pour la présente liste, outre le secrétaire général de la CGT-B, il y a Rasmané Zinaba et Bassirou Badjio Ces derniers sont membres du mouvement « Balai citoyen » qui a toujours été critique envers la gouvernance de la Transition et également partie prenante du meeting suspendu du 31 octobre dernier. Le Professeur Gabin Korbéogo, enseignant d’université et par ailleurs président de l’Organisation démocratique de jeunesse (ODJ) était quant à lui le président du comité d’organisation du meeting de dénonciation. Il y a également le Docteur Dr Daouda DIALLO, médecin-pharmacien et lauréat en 2022 du Prix Martin Ennals qui récompense les défenseurs et défenseuses des droits humains est remis chaque année à des défenseurs des droits humains en danger. Il est le secrétaire général du Collectif Contre l’impunité et la stigmatisation des Communautés (CISC).

Au niveau des hommes politiques, on retrouve le Docteur Ablassé Ouédraogo, président du parti « Le Faso autrement » qui, par deux fois à écrit des lettres ouvertes pour attirer l’attention des autorités coutumières et religieuses sur ce qu’il qualifie de « dérives de la Transition ».

Les journalistes Yacouba Ladji Bama, journaliste d’investigation et Issiaka Lingani, proche de l’ancien parti au pouvoir sous Blaise Compaoré. Ces derniers sont très critiques envers les autorités de la Transition.

Depuis le dimanche dans la soirée, toutes les organisations syndicales, de la société civiles ainsi que les mouvements de défense des droits de l’homme dénoncent des « réquisitions sanctions » ou des « réquisitions punitives ». Tous appellent leurs militants et sympathisants à se mobiliser contre ces réquisitions qu’ils trouvent « arbitraires ».

L’information sur ces réquisitions tombe le jour du grand meeting des soutien de la Transition. Moins d’une semaine au paravent, le Président de la délégation spéciale de la capitale avait demandé aux organisations syndicales et de la société civile à surseoir à leur meeting de moindre dimension, faute de ne pouvoir assurer la sécurisation car le « contexte sécuritaire national qui mobilise l’essentiel des forces de défense et de sécurité sur le théâtre des opérations ».

Les personnes réquisitionnées doivent se présenter le mardi 07 novembre pour commencer l’instruction militaire de base. Mais en attendant, les organisations appellent à se dresser contre cet « arbitraire ».

Youssouf Traoré

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