Burkina Faso : suspension du meeting de dénonciation du 31 octobre

Nouakchott/ Madar/ 27-10-2023

Dans une note publiée ce vendredi 27 octobre 2023, le président de la Délégation spéciale de Ouagadougou invite les organisateurs du meeting de dénonciation de surseoir à leur activité. Le locataire de l’hôtel a motivé sa requête par les risques que ce regroupement du 31 octobre pourrait engendrer.

Maurice Konaté, reconnait que cette activité est « conforme aux termes de l’article 10 de la loi 022/97/II/AN du 21 octobre 1997, portant liberté e réunion et manifestation sur la voie publique ».

Mais pour le président de la Délégation spéciale (PDS), son opportunité dans le contexte actuel appelle à quelques observations. Il s’appuie ainsi sur le « contexte sécuritaire national qui mobilise l’essentiel des forces de défense et de sécurité sur le théâtre des opérations ».

De plus, d’après son argumentaire, ce meeting pourrait créer une « accentuation de la fracture sociale entre les différentes composantes de la population » car il y a des « risques d’affrontements » ou encore « d’infiltration de la manifestation ».

La Confédération générale des travailleurs (CGT-B), les organisations syndicales et de la société civiles, parties prenantes de ce meeting sont priées « respectueusement » de surseoir à ce projet qui, selon le garant de l’ordre public à Ouagadougou « pourrait exacerber les tensions et mettre en mal la cohésion ».

Les organisateurs sont donc invités à se joindre aux activités officielles qui seront présidées par le Chef de l’Etat, le Capitaine Ibrahim Traoré le même jour.

Dans leur réponse qui n’a pas tardé, les organisateurs ont décidé « de façon responsable de surseoir » à l’activité bien que selon leur expression, ayant « relevé des incohérences dans la réponse du PDS ».

En rappelle, une quinzaine d’organisations syndicales et de la société civile envisageait d’organiser un meeting le 31 octobre prochain pour commémorer l’an 9 de l’insurrection populaire au Burkina Faso. Cet évènement qui rappelle le combat du peuple contre les injustices et les crimes attribués au régime déchu de Blaise Compaoré devait servir de tremplin pour dénoncer certaines actions du régime actuel.

Mais dès l’annonce, des partisans du Capitaine Ibrahim Traoré et du Mouvement pour la sauvegarde et la restauration 2 (MPSR2) étaient montés au créneau, menaçant même de s’en prendre physiquement à tous participant à un tel évènement. Selon ces derniers, les arguments d’enlèvement extrajudiciaires, la pléthore de taxes, l’immixtion du gouvernement dans les affaires judiciaires, les restrictions de liberté d’expression et de presse trouvent leurs justifications dans la lutte contre le terrorisme.

Outre les activités prévues par le gouvernement à cette date, le Comité international du Mémorial Thomas Sankara prévoit, pour sa part, d’organiser une opération de salubrité sur le boulevard nouvellement rebaptisé Thomas Sankara.

Youssouf TRAORE

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