Burkina Faso : Zéphirin Diabré se réjouit du projet de centrale nucléaire

Nouakchott / Madar/ 18-10-2023

Candidat malheureux aux élections présidentielles de 2015 et de 2020 au Burkina Faso, il est le premier à proposer un projet de construction de centrale nucléaire pour pallier les difficultés énergétiques auxquelles le pays fait face. Mais les adversaires politiques de l’ancien directeur Afrique et Moyen-Orient du groupe Areva vont le tourner en dérision. Avec la signature du moratoire le 13 octobre dernier entre le Burkina Faso et laRussie pour la construction d’une centrale nucléaire à l’horizon 2030, il n’a pas caché sa satisfaction. C’était au cours d’un entretien qu’il a accordé au journal burkinabé en ligne lefaso.net.

Rejeté hier par certains, le projet de construction dont le moratoire a été signé le 13 octobre dernier lors du salon russe de l’énergie est salué par beaucoup de citoyens burkinabè. Et Pour Zéphirin Diabré « Le contexte est différent. J’ai fait mon annonce le 20 avril 2015, lors d’un meeting politique dans la commune de Siglé, dans La province du Boulkiemdé (région du Centre-ouest, ndlr) ».

« Comme nous étions en pré-campagne avant les présidentielles, les gens ont dû se dire que c’est encore un politicien qui est venu raconter des choses irréalisables pour qu’on vote pour lui. Il faut dire aussi que mes adversaires ne se sont pas gênés pour déformer l’idée et la combattre. Aujourd’hui, on n’est plus au stade d’une idée. La décision est prise. Donc, c’est plus concret », s’est-il défendu.

Le président du parti Union pour le progrès et le changement (UPC) voit ainsi en cette initiative, une solution ultime en ce sens que « Actuellement, nous produisons environ 495 Mégawatts d’électricité par an, auxquels nous ajoutons 220 mégawatts importés. Les réacteurs nucléaires que l’on trouve actuellement sur le marché commencent à 900 MW, mais sont le plus souvent de 1 200 mégawatts. Avec un seul de ces réacteurs, nous doublons notre puissance, voire plus. C’est bon pour les ménages. C’est bon pour les entreprises ».

Se disant adepte du mix énergétique, l’homme politique estime également que l’Afrique doit sauter des étapes en matière de développement car elle est en retard et les autres avancent à grands pas. « C’est vrai, le nucléaire coûte cher. Mais il rapporte gros », a-t-il affirmé.

Selon cet ancien opposant, devenu plus tard ministre sous le deuxième mandat de Roch Marc Christian Kaboré, « actuellement, l’Afrique du Sud est le seul pays africain qui a une centrale nucléaire. C’est la centrale de Koeberg, qui est située à côté de la ville du Cap. Sa construction a commencé en 1976 et sa mise en service en 1984, soient huit années après le lancement des travaux. Un autre pays africain qui a un programme très avancé, c’est l’Égypte. Il a signé un accord avec la Russie en 2015, et la construction de la centrale a commencé en novembre 2022 ».

Outre ces pays, « La Russie a signé des accords nucléaires avec une vingtaine de pays africains, y compris le Burkina et le Mali. La Chine a des projets similaires dans trois pays africains. Si tous ces accords se concrétisent, le nucléaire deviendra banal en Afrique. Un pays qui a failli avoir le nucléaire avant l’Egypte, c’est la Lybie. J’étais personnellement impliqué dans les discussions avec la Lybie, en ma qualité de vice-président Afrique et Moyen-Orient d’Areva », a-t-il déclaré.

« Le nucléaire civil n’est pas interdit. Il est seulement soumis à certaines conditions. La Commission africaine de l’énergie nucléaire, créée en 2012, encourage les pays africains à se doter de l’énergie nucléaire pour des fins civiles », rassure-t-il pour les plus sceptiques sur les risques et les interdictions liés au nucléaire.

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