Des journalistes nord-africains à l’école de la ZLECAf

MADAR/Nouakchott/Le 27-01-2024

Un atelier de formation et de sensibilisation destiné aux journalistes issus des pays du Nord de l’Afrique et de Djibouti a ouvert ses travaux  jeudi matin à Casablanca.

L’atelier est organisé par le Bureau sous-régional pour l’Afrique du Nord et le Centre africain pour la politique commerciale (CAPC) de la Commission Economique pour l’Afrique (CEA).

Il est organisé à l’intention des journalistes/rédacteurs chargés de la couverture des questions de commerce et de développement afin de contribuer au renforcement de cette dernière en ce qui concerne la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf). Cette formation est organisée avec le soutien financier de l’agence danoise DANIDA, dans le cadre d’un partenariat sur la sensibilisation à la ZLECAf.

Des experts en communication et de la thématique ZLECAf de la CEA participent à l’atelier et y apportent leur soutien technique.

Durant la première journée, les participants ont suivi deux communications principales portant sur l’introduction à l’intégration régionale africaine et sur les différents protocoles et phases de mise en œuvre.

Rôle crucial des journalistes pour sensibiliser les décideurs et les opinions publiques

Dans son mot d’ouverture, Aziz Jaid, représentant du bureau de la CEA en Afrique du Nord a souligné que la, qui n’en n’est encore qu’à ses balbutiements, a déjà permis plusieurs réalisations.

D’abord l’initiative pharmaceutique de la ZLECAf lancée en 2019 et qui vise à remédier à la faiblesse des systèmes de santé africains sur le plan de la santé maternelle, néonatale et infantile en facilitant la production localisée de médicaments, l’achat groupé et le développement d’un cadre réglementaire et de qualité harmonisé.

Cette initiative est bâtie sur le succès du projet AVAT, qui avait permis la distribution de plus d’un million de doses de vaccins anti-COVID en Afrique du Nord en 2021.

Et puis en 2020, la Plate-forme africaine des fournitures médicales (AMSP) a été mise en place pour garantir l’accès à des médicaments de qualité sûrs et abordables, grâce à l’approvisionnement groupé et aux capacités de production locale.

Enfin, lancée en 2022, l’ATEX (Africa Trade Exchange) est une plateforme de commerce électronique B2B qui vise à faciliter les achats groupés de produits de base tels que les céréales, les engrais, les phosphates ou le ciment entre clients et fournisseurs africains. Sa création intervient à l’heure où nos pays sont confrontés à des crises multiples et simultanées telles que l’impact économique de la Covid-19, de la guerre russo-ukrainienne ou du changement climatique.

Mais note Mr Jaid, les ambitions pour la ZLECAf vont beaucoup plus loin. En effet, souligne-t-il, cette nouvelle zone de libre échange offre des opportunités de libérer nos pays des aléas du commerce en matière premières, et créer davantage de valeur ajoutée et d’emplois en interne ; accélérer le développement de l’industrie manufacturière, en particulier en Afrique

du Nord ; offrir des opportunités de marchés, aussi bien pour les grandes entreprises établies que pour les petites PME familiales ou à leadership féminin, qui auraient ainsi l’opportunité de grandir et prospérer au-delà des marchés nationaux et enfin créer plusieurs chaînes de valeurs, qui vont de la production de médicaments aux produits financiers en passant par les véhicules électriques et leurs batteries.

Des discussions poussées à ce sujet sont déjà en cours.

Dans le cas de l’Afrique du Nord, la ZLECAf peut avoir des impacts bénéfiques substantiels, avec une augmentation des exports de produits industriels manufacturés de jusqu’à 70%, note M.Jaid.

L’Afrique du Nord est aujourd’hui l’une des régions les moins intégrées d’Afrique et du monde en général. Aujourd’hui la ZLECAF vient offrir aux pays de la sous-région une nouvelle chance de rattraper ce retard et d’accélérer leurs échanges commerciaux entre eux et avec le reste de continent.

Et pour transformer ces ambitions en réalité, conclut le représentant de la CEA, l’aide des médias, est dit-il d’une importance cruciale, qu’il s’agisse d’informer et sensibiliser les décideurs et les opinions publiques ; d’engager les acteurs étatiques et du secteur privé ; de provoquer des conversations franches sur les opportunités offertes par cet accord, mais aussi les secteurs encore jeunes qui nécessitent protection ; de lever les doutes liés aux difficultés connues par des initiatives plus anciennes d’intégration régionale notamment au Maghreb ; de disséminer l’information produite par nos chercheurs et experts ou encore mieux faire connaître les services que la ZLECAf met à la disposition des pays membres.

Contexte et opportunités

Abordant le premier sujet à l’ordre du jour, Waleed Elzomour, expert de la ZLECAf, a rappelé que la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) a été lancée le 21 mars 2018à Kigali, au Rwanda. Il est attendu que la ZLECAf devienne un moteur essentiel de la croissance économique, de l’industrialisation et du développement durable en Afrique, conformément à l’Agenda 2063 de l’Union africaine (UA) pour « L’Afrique que nous voulons ».

La ZLECAf couvre le commerce de marchandises et de services, les investissements, les droits de propriété intellectuelle, la politique de concurrence et le commerce électronique. Ce vaste champ d’application dépasse les exigences des zones de libre-échange traditionnelles qui portent pour la plupart sur l’élimination des droits de douane et des quotas sur le commerce des marchandises. Il devrait faire de l’accord un élément clé de l’intégration économique de l’Afrique. La ZLECAf devrait en outre catalyser la transformation industrielle de l’Afrique tout en stimulant le commerce et les investissements entre les pays.

La phase suivante de l’accord est sa mise en œuvre, les 22 États membres de l’UA requis ayant ratifié l’accord en avril 2019. Il est donc temps de s’assurer que les parties prenantes à travers le continent sont engagées et bien informées sur l’accord et la meilleure façon de tirer parti de ses vastes avantages. Les médias constituent un canal particulièrement important pour informer et éduquer les citoyens, qu’il s’agisse des entreprises, de la société civile, des universités ou des gouvernements. Il sera donc essentiel de veiller à ce que le niveau de sensibilisation et de compréhension des médias puisse intervenir dans la réussite de la ZLECAf.

Objectifs de l’atelier

L’atelier de formation  a pour objectif global d’approfondir la compréhension et l’appréciation par les participants du rôle de la ZLECAf dans la stimulation de la croissance économique. L’atelier offre par ailleurs des opportunités d’apprentissage par les pairs dans la mesure où les participants pourront partager leurs expériences et explorer les dernières approches et techniques de reportage en matière de projets de développement.

Les objectifs spécifiques sont entre autres de contribuer à l’affinement des connaissances et compétences des médias en matière de reportage sur la ZLECAf et ses impacts au niveau local ; doter les journalistes des connaissances techniques et compétences nécessaires pour suivre et communiquer sur la ZLECAf dans leur communauté, pays et/ou région ; renforcer leur savoir-faire en matière de création de contenu de qualité sur les questions de commerce et de développement ; partager des connaissances de base en matière de reportage numérique pour journalistes débutants et chevronnés, en utilisant du matériel d’apprentissage de pointe et des tutoriels pratiques ; faciliter la production d’articles innovants, à publier à travers leurs réseaux existants ; promouvoir la collaboration entre les journalistes de différents pays africains ; décortiquer le rôle des médias, leur couverture des problématiques commerciales et aborder les problèmes liés aux récits médiatiques tels que les éléments de backgrounds et contextes plus détaillés en soutien au développement d’articles profonds et crédibles.

L’atelier, qui porte une attention particulière aux pays africains arabophones et francophones, comprendra deux segments : la formation en elle-même et le soutien au développement d’une prise de conscience/ bonne volonté. Les personnes ressources proposeront ainsi une formation axée sur des reportages plus efficaces en relation avec les thématiques du libre-échange, de la ZLECAf, du développement économique, de la croissance, de l’utilisation des données et de la technologie en relation avec les thématiques du libre-échange, etc. La plateforme offrira également l’opportunité d’utiliser la formation acquise et les nouvelles compétences.

Bakari Gueye/Casablanca

 

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