Effondrement d’un coin de la charpente de l’Aéroport Oum Tounsi : AFROPORT et MCE dos à dos

MADAR/Nouakchott/Le 13-11-2023

L’effondrement d’un pan de la charpente au niveau de la salle d’attente de l’aéroport Oum Tounsy a suscité une grande émotion au niveau des réseaux sociaux et les interrogations sur les conditions d’attribution du marché et la qualité des travaux ont ressurgi.

En effet, en vertu d’un marché de gré à gré dont le montant exact n’a jamais été révélé et qui fut attribué à l’entreprise MCE à laquelle est affiliée la Société Najah qui a construit l’Aéroport International Oum Tounsy de Nouakchott, la construction de cet important ouvrage situé à 20 km de la capitale et inauguré le 23 juin 2016, avait été bien accueillie.

Suite à l’incident d’aujourd’hui l’entreprise émirati Afroport qui gère l’aéroport estime qu’il y a des failles dans la construction de cette infrastructure.

Des accusations balayées de la main par la MCE qui affirme que le problème est dû à un manque d’entretien de la part d’un opérateur spécialisé.

Les 2 sociétés se rejettent ainsi la responsabilité de ce qui s’est passé et c’est le contribuable mauritanien qui va payer les pots cassés.

Notons que l’Aéroport Oum Tounsy a une capacité annuelle d’accueil de 2 millions de passagers et il est capable d’accueillir des avions de dernière génération tels que les A380 et Airbus 780.

Il comporte aussi un hangar pour la maintenance d’une superficie de 4800m² en plus d’une mosquée, des bâtiments administratifs et d’une caserne de sapeurs-pompiers.

L’Aéroport de Nouakchott dit Oum Tounsi est géré par la société Emiratie AFROPORT qui a signé une convention avec le gouvernement mauritanien, à l’issue de laquelle elle a obtenu la concession de gestion de l’aéroport à partir du 20 juillet 2018, pour une durée de 25 ans.

A noter que AFROPORT qui est exempté de la TVA pour toute opération financière fait la pluie et le beau temps. Des pratiques peu orthodoxes sont signalées. Récemment un jeune cadre de la société aurait été licencié pour avoir refusé de réceptionner, d’abord à l’étranger puis en Mauritanie des matériels supposés être neufs alors qu’ils ne l’étaient pas. Son dossier serait présentement devant la justice.

C’est dire que ce qui vient de se passer à l’Aéroport International Oum Tounsi était prévisible. Les autorités doivent être beaucoup plus regardantes sur ce type de pratiques peu orthodoxes de cette société étrangère qui a la charge de gérer cet outil stratégique très sensible de souveraineté.

Bakari Guèye

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