Madar (Bangui) - La représentante spéciale du secrétaire général de l'ONU en Centrafrique et cheffe de la Minusca, Valentine Rugwabiza, a mis en garde mardi 20 octobre 2026 le Conseil de sécurité contre un retrait prématuré des Casques bleus, estimant qu'il pourrait compromettre les acquis alors que la guerre au Soudan alimente l'instabilité à la frontière orientale, selon ONU Info.
Elle a cité l'attaque menée le 30 juin par un groupe armé contre Am-Dafock, ville frontalière du Soudan, qui a fait des victimes parmi les civils et les forces de sécurité, déplacé 17 000 personnes et blessé six Casques bleus, soulignant que la capacité de réaction rapide de la mission avait évité un bilan plus lourd.
La responsable onusienne a fait état du désarmement de 1 907 combattants depuis juillet 2025 et de la mise en place de conseils municipaux dans 127 des 177 communes, selon Africanews, mais de vastes zones restent instables : entre juin et septembre, 26 incidents graves ont été attribués à l'Armée de résistance du Seigneur (LRA) dans le sud-est, dont l'enlèvement de 68 civils, parmi lesquels une quarantaine d'enfants ; trois ont été libérés lundi après une médiation.
Sur le plan humanitaire, près de deux millions de personnes ont souffert d'insécurité alimentaire aiguë entre avril et août, et le plan de réponse de l'ONU n'était financé qu'à 46,6 % début octobre.
Le Conseil de sécurité doit se prononcer avant la mi-novembre sur le renouvellement du mandat de la mission, qui compte plus de 12 000 Casques bleus, entre les États-Unis, favorables à une réduction plus importante des effectifs, et d'autres membres opposés à un retrait précipité. Le secrétaire général recommande une prolongation d'un an, avec maintien des capacités d'intervention rapide. La Mauritanie participe à la mission avec des unités militaires, dont la relève du neuvième contingent a eu lieu en novembre 2025.




