Madar (Mombasa) - Un tribunal kényan de la ville côtière de Mombasa a reconnu lundi 19 octobre 2026 le chef de secte Paul Mackenzie coupable du meurtre de 191 personnes, toutes des enfants à l'exception d'un adulte, dans l'affaire dite du massacre de la forêt de Shakahola, selon la BBC.
Vingt-huit autres dirigeants de la secte ont également été reconnus coupables de meurtre. Tous avaient plaidé non coupable, affirmant que personne n'avait été forcé de mourir. Dans un jugement dont la lecture a duré huit heures, la juge Diana Mochache a indiqué que les fidèles de Paul Mackenzie le considéraient comme « le porte-parole de Jésus » et qu'il leur avait ordonné de laisser mourir de faim leurs enfants pour qu'ils « rencontrent Jésus ».
« Je suis convaincue que l'accusation a prouvé les faits reprochés aux 29 accusés », a déclaré la juge, citée par Africanews. La peine doit être prononcée le 6 novembre, selon la BBC. Paul Mackenzie fait aussi l'objet d'autres procédures, notamment pour terrorisme, radicalisation et privation d'éducation des enfants.
Il avait été arrêté en 2023 après la découverte de plus de 400 corps dans des fosses peu profondes de la forêt de Shakahola, près de la côte kényane, où il avait rassemblé des fidèles venus de tout le pays. La Commission nationale kényane des droits de l'homme avait estimé en 2024 le nombre de victimes à 429.
Paul Mackenzie avait fondé en 2003 la Good News International Church, dont les prêches présentaient l'école comme « mauvaise » et rejetaient la médecine moderne. L'affaire a suscité des appels à un encadrement plus strict des organisations religieuses au Kenya, le prédicateur ayant déjà été arrêté deux fois puis relâché.




