Madar (Abuja) - Un tribunal fédéral d'Abuja a invalidé jeudi 5 novembre 2026 l'investiture de l'ancien vice-président Atiku Abubakar comme candidat du Congrès démocratique africain (ADC, opposition) à l'élection présidentielle prévue le 16 janvier, à environ deux mois du scrutin, a rapporté l'AFP, citant le parti.
La décision s'inscrit dans un conflit sur la direction du parti : la Haute Cour fédérale, présidée par le juge Peter Lifu, a estimé que la direction conduite par David Mark n'avait pas été légalement constituée et a annulé ses décisions, dont la primaire de mai qui avait désigné Atiku Abubakar, à la suite d'une plainte de Nafiu Bala Gombe, ancien vice-président national du parti, selon le site Africa Briefing.
"La décision est tombée ce matin", a déclaré à l'AFP le porte-parole de l'ADC, Bolaji Abdullahi. Sur la chaîne Channels Television, cité par le quotidien Vanguard, il a indiqué que le parti saisirait à nouveau le même tribunal, demanderait un sursis à exécution puis ferait appel, avertissant que, si la décision était maintenue, l'ADC pourrait être empêché de présenter des candidats à la présidentielle, aux élections des gouverneurs et aux législatives.
Le jugement est intervenu au lendemain du lancement de la campagne d'Atiku Abubakar lors d'un meeting dans l'État de Sokoto ; il a estimé que ce calendrier n'était pas une coïncidence, tandis que le Congrès des progressistes (APC, au pouvoir) a nié toute implication dans la procédure, selon Africanews. La Commission électorale nationale indépendante (INEC), qui avait validé la candidature, n'a pas répondu aux sollicitations de l'AFP.
Atiku Abubakar était arrivé deuxième à la présidentielle de 2023 avec 29 % des voix, derrière Bola Tinubu (36,6 %), qui avait profité d'une opposition divisée. S'il ne peut pas se présenter, le scrutin n'aura aucun candidat majeur originaire du Nord, une question sensible dans les équilibres régionaux du Nigeria, selon l'agence.




