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International

Somalie : la Cour suprême juge expiré le mandat du président

Le président somalien Hassan Cheikh Mohamoud parle, l'index levé, dans son bureau devant une bibliothèque et le drapeau somalien, photo d'archives
Le président somalien Hassan Cheikh Mohamoud (archives)

Madar (Mogadiscio) - La Cour suprême de Somalie a jugé jeudi 5 novembre 2026 que les mandats constitutionnels du Parlement fédéral, du président et du gouvernement avaient expiré cette année, déclarant inconstitutionnels et nuls tous les actes pris après leur expiration, selon le site somalien Garowe Online.

La décision a été rendue par la chambre constitutionnelle de la Cour, composée de cinq juges présidés par le juge Salah Sheikh Ibrahim Dhiblawe, saisie par l'ancien président Sharif Sheikh Ahmed, qui contestait la procédure de révision constitutionnelle et ses effets. La Cour a jugé irrecevable le volet portant sur la procédure elle-même, faute de qualité à agir, mais a accueilli le recours contre les mesures qui en découlent, en particulier la prolongation des mandats.

Selon la Cour, un amendement instaurant de nouvelles durées doit préciser explicitement s'il s'applique aux institutions en place ; à défaut, leurs mandats initiaux de quatre ans, fixés par la Constitution provisoire de 2012, restent en vigueur. Les deux chambres du Parlement et le gouvernement sont donc arrivés en fin de mandat le 14 avril 2026, et le président Hassan Cheikh Mohamoud le 15 mai 2026, rapporte le site.

La Cour a précisé que seul le gouvernement fédéral peut assurer l'intérim, en se limitant aux affaires courantes, et a ordonné aux acteurs du processus électoral de s'accorder sur un cadre électoral applicable dans un délai de 30 jours, puis d'organiser les élections dans un délai de 90 jours.

Ce jugement intervient au lendemain du limogeage, mercredi soir, du président de la Cour suprême, Baashe Yusuf Ahmed, par le chef de l'État, qui lui a nommé un successeur, selon Garowe Online. Dans une annonce publiée sur Facebook avant le jugement, la présidence a invoqué des "préoccupations... quant à la nécessité d'une justice efficace et équitable" ; la Cour a répliqué que le président n'avait pas le pouvoir de limoger le juge et l'a accusé d'entraver le cours de la justice, selon l'AFP. Le gouvernement avait décrété une transition d'un an pour préparer les premières élections nationales au suffrage direct, le président défendant la légalité de la prolongation sur la base d'amendements adoptés en mars, tandis que l'opposition dénonçait un accaparement du pouvoir ; la mesure avait provoqué de violentes manifestations à Mogadiscio, selon l'AFP.

La Somalie fait aussi face à l'insurrection des shebab, alors que les bailleurs internationaux réduisent leur financement militaire ; l'Ouganda a annoncé cette semaine le retrait de toutes ses troupes à la fin de l'an prochain, selon l'agence.

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