Madar (Khartoum) - Plus de 160 personnes ont été tuées depuis vendredi dans une vague de frappes de drones à travers le Soudan, selon des sources médicales et des organisations de défense des droits, tandis que l'ONU a condamné lundi 19 octobre 2026 la poursuite de ces attaques, rapporte Al Jazeera.
L'attaque la plus meurtrière a eu lieu dimanche soir près d'un marché dans la localité d'Al-Dibab, dans l'État du Kordofan-Occidental, contrôlé par les Forces de soutien rapide (FSR). Selon des habitants et des soignants, un drone a frappé une gare routière où des villageois s'étaient rassemblés après le marché pour rentrer chez eux, tuant 80 personnes. Sur 47 blessés transférés à Al-Mujlad, 30 sont morts par la suite, selon une source médicale citée par l'AFP.
L'administration autoproclamée des FSR, appelée « Tasis », et le groupe Emergency Lawyers ont accusé l'armée. À Khartoum, des frappes de drones ont tué trois enfants lundi, selon Emergency Lawyers, tandis qu'une frappe sur Nyala, fief des FSR au Darfour-Sud, a fait 17 morts, dont sept officiers des FSR, selon des sources médicales et des FSR.
Vendredi, un drone des FSR avait visé un rassemblement de déplacés dans la province du Nil Bleu, à la frontière éthiopienne, faisant 41 morts selon Emergency Lawyers. Dans l'est, une source militaire a affirmé que la défense aérienne avait intercepté des drones des FSR visant les barrages d'Atbara et de Setit, dans l'État de Gedaref. Les FSR n'ont pas réagi dans l'immédiat.
« Nous sommes alarmés par la poursuite des frappes de drones meurtrières dans tout le pays, qui tuent des civils, y compris des enfants, et perturbent les services essentiels », a déclaré Stéphane Dujarric, porte-parole du secrétaire général de l'ONU. La guerre, qui a éclaté en avril 2023, a fait au moins 59 000 morts selon l'observatoire ACLED et environ 13 millions de déplacés selon l'ONU.

