Madar (Londres) - Le Royaume-Uni et 31 partenaires internationaux ont mis en garde contre un risque de famine au Soudan dans les prochains mois, estimant que la situation "exige une action urgente" et qu'il n'y a "pas de temps à perdre", selon une déclaration ministérielle conjointe publiée vendredi 23 octobre 2026 par le gouvernement britannique et relayée samedi par la presse soudanaise.
Selon le texte, quelque 19,5 millions de personnes, soit 41 % de la population, souffrent de niveaux élevés d'insécurité alimentaire aiguë, dont 5 millions en situation d'urgence. Sans action immédiate, le nombre d'enfants atteints de malnutrition aiguë sévère pourrait dépasser les 825 000 projetés, et le nombre de zones en insécurité alimentaire, initialement évalué à 14, devrait doubler, d'après les alertes du Cadre intégré de classification de la sécurité alimentaire (IPC).
Les signataires désignent le conflit comme le principal moteur de la crise, qui a déplacé des millions de personnes et désorganisé les soins, la production alimentaire, les chaînes d'approvisionnement et les marchés, une situation aggravée par "l'obstruction systématique de l'aide" et par El Niño, qui a réduit les pluies et étendu la sécheresse à plus de la moitié du pays.
Rappelant que les belligérants portent "la responsabilité première", la déclaration leur demande d'autoriser les opérations humanitaires par toutes les lignes de front et les routes transfrontalières, y compris l'accès aérien au Darfour, de réduire les délais de visas et de dédouanement et de s'abstenir de frapper les infrastructures civiles, notamment agricoles et alimentaires.
Elle appelle aussi la communauté internationale à accroître d'urgence les financements et à soutenir la saison des cultures d'hiver. Parmi les signataires figurent les ministres français Jean-Noël Barrot, allemand Johann Wadephul et italien Antonio Tajani, la Commission européenne ainsi que Massad Boulos, haut conseiller américain pour les affaires arabes et africaines.




