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International

Tanzanie : un an après les violences électorales, les victimes attendent justice

La présidente tanzanienne Samia Suluhu Hassan s'exprime à un pupitre rouge, photo d'archives
La présidente tanzanienne Samia Suluhu Hassan (archives)

Madar (Dar es Salaam) - La Tanzanie a marqué jeudi 29 octobre 2026 le premier anniversaire des élections générales remportées par la présidente Samia Suluhu Hassan avec 98 % des voix après l'exclusion de la majeure partie de l'opposition, et suivies de plusieurs jours de manifestations violemment réprimées, selon Africanews citant l'AFP.

Les organisations de défense des droits humains et l'opposition affirment que des milliers de personnes ont été tuées, tandis qu'une commission nommée par le gouvernement a établi le bilan à 518 morts.

L'Église catholique a célébré jeudi des messes en hommage aux victimes, et le principal parti d'opposition, Chadema, a décrété sept jours de deuil, affirmant dans un communiqué que la Tanzanie "est devenue une dictature". Les rues de Dar es Salaam étaient calmes, sous une forte présence policière.

Le pays fait face aux critiques de ses partenaires occidentaux, et l'ambassadeur des États-Unis a assuré jeudi sur X que ces meurtres "ne seront pas passés sous silence". La présidente Hassan, présente cette semaine au sommet Russie-Afrique à Moscou, a cherché à se rapprocher de Moscou.

Selon des analystes, la situation est "tendue" et les arrestations arbitraires se multiplient. Le verdict du procès pour trahison de l'opposant Tundu Lissu est attendu le 6 novembre. La semaine dernière, un autre responsable de l'opposition, John Pambalu, a été inculpé de trahison, et un dissident tanzanien, Twaha Mwaipaya, a été enlevé au Kenya et reste porté disparu.

Le Legal and Human Rights Centre dit représenter environ 56 personnes poursuivies pour des faits liés au terrorisme. Des critiques estiment que la commission présidentielle a été créée de "mauvaise foi" pour redorer l'image du pays, et Amnesty International accuse les autorités d'"instrumentaliser les lois antiterroristes pour faire taire les critiques".

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