La CEDEAO officialise son adhésion au Gazoduc Africain Atlantique Nigeria-Maroc

MADAR/Nouakchott le 21-07-2026

Le Sommet des Chefs d’État et de Gouvernement de la Communauté Economique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), tenu dimanche dernier à Freetown, a marqué une nouvelle étape dans le développement du Gazoduc Africain Atlantique (AAGP) Nigeria-Maroc avec la signature de l’Accord Intergouvernemental (IGA) encadrant sa mise en œuvre.

Cette signature formalise l’adhésion des États membres de la CEDEAO au cadre juridique du projet et consacre son appropriation par l’organisation régionale. Elle s’inscrit également dans la continuité de la vision portée, depuis 2016, par Sa Majesté le Roi Mohammed VI et l’ancien Président nigérian, feu Muhammadu Buhari, à l’occasion de la Visite Royale au Nigéria, vision réaffirmée par l’actuel Président nigérian, Bola Ahmed Tinubu.

Développé conjointement par l’Office National des Hydrocarbures et des Mines (ONHYM) et la Nigerian National Petroleum Company Limited (NNPC Ltd.), le projet est aujourd’hui considéré comme l’un des principaux leviers d’intégration économique et énergétique du continent.

L’étape de Freetown constitue un jalon institutionnel important, sans pour autant marquer l’aboutissement du processus. Elle ouvre la voie à la prochaine séquence, qui se déroulera au Maroc avec la signature des accords portant création de la société de gestion du gazoduc, dont le siège sera établi à Casablanca, ainsi que le lancement de sa phase opérationnelle et financière. Cette cérémonie verra la participation du Souverain marocain, du président de la république de la Mauritanie et du président du Nigeria.

Long d’environ 6.800 kilomètres, le Gazoduc Africain Atlantique traversera 13 pays de la façade atlantique africaine, avant d’être raccordé au gazoduc Maghreb-Europe. Avec une capacité de transport de 30 milliards de mètres cubes de gaz naturel par an, il contribuera à renforcer la sécurité énergétique, à soutenir l’industrialisation, à favoriser la création d’un marché régional intégré du gaz et à améliorer l’accès à l’énergie pour plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest.

Estimé à près de 25 milliards de dollars, ce projet dépasse le seul enjeu énergétique. Pensé comme un corridor de développement, ce projet vise à renforcer l’intégration régionale, à stimuler les investissements et à favoriser une prospérité partagée. Il s’inscrit également dans la vision atlantique portée par Sa Majesté le Roi Mohammed VI, qui fait de la façade atlantique un espace de coopération reliant l’Afrique, l’Europe et les Amériques.

Ce projet stratégique, porté conjointement par le Maroc et le Nigéria, est souvent présenté comme un modèle de coopération Sud-Sud. Pour les deux partenaires, les principales études techniques, environnementales et d’ingénierie sont désormais achevées, ce qui ouvre la voie au passage du projet d’une phase institutionnelle à une phase pleinement opérationnelle.

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