Le parti ISLAH dévoile son approche politique devant la presse

MADAR/Nouakchott le 16-02-2026

Le parti ISLAH a convié la presse ce matin autour d’un thé pour présenter les grandes lignes de son action et de sa vision politiques.

Ce parti encore jeune qui a le vent en poupe occupe aujourd’hui une place de choix sur l’échiquier politique national. Il compte plusieurs députés à l’Assemblée nationale, 10 maires, 227 Conseillers municipaux et dispose d’une large représentativité sur l’ensemble du territoire national avec notamment 43 sièges ouverts.

Un parti qui sort des sentiers battus

Le parti ISLAH se place dans le camp de la majorité au pouvoir et dispose d’un poste ministériel au sein du gouvernement actuel.

Dans sa présentation consacré à la vision et aux textes régissant le fonctionnement de cette formation politique, Me Mohamed Ould Talebna,Président du parti a souligné d’emblée que l’initiative d’organiser une rencontre avec la presse, qui se veut originale et unique en son genre a pour objectif d’établir un pont, de renforcer la communication avec les médias et de présenter le parti selon la vision qu’en ont ses dirigeants.

Le parti ISLAH, comme son nom l’indique vise à apporter des solutions appropriées concrètes  aux problématiques du pays et a pour objectif stratégique d’œuvrer pour la mise en œuvre des réformes idoines tendant à remettre le pays sur de bons rails.

Et comme l’a souligné son président, l’honorable député Mohamed Talebna, le parti ambitionne de faire la politique autrement.

Il préconise d’identifier les lacunes, de s’appuyer sur l’histoire dans la recherche des solutions et d’éviter les approches révolutionnaires qui peuvent constituer un saut vers l’inconnu.

Le parti se fixe pour mission de s’investir à outrance dans la politique en évitant le mélange des genres.

Selon lui, le parti s’inscrit en faux contre les approches existantes en matière de création et d’administration de partis en Mauritanie ; des approches qui souligne-t-il sont fondées sur des critères tantôt idéologiques, tantôt sociologiques, religieux, individualistes…

Le part ISLAH, note son président est fondée sur des critères objectifs et s’arrime parfaitement aux lois en vigueur, y compris sur la nouvelle loi sur les partis politiques.

Le parti tient régulièrement son congrès et renouvelle ses instances. Il compte sur ses ressources propres.

S’agissant de sa vision, le parti ISLAH comme l’a souligné son président prend position sur les 20 problématiques qui constituent des pierres d’achoppement et opposent les mauritaniens les uns aux autres.

Parmi ces problèmes il y a les problèmes liés à l’identité nationale, avec les questions de la langue officielle et de l’unité nationale ; le passif humanitaire et les responsabilités de l’État ; l’esclavage ; la question foncière ; le problème de l’État civil ; la lutte contre la corruption ; l’Éducation ; l’Autonomisation de la femme ; la sécurité ; l’intégration sociale…

Ainsi, le parti milite pour l’imposition d’une seule langue consensuelle et adopte l’arabe comme langue du parti mais préconise le renforcement de la place des langues nationales et de les écrire en alphabet arabe, par respect pour les habitants de la région du Fouta.

Sur la question du passif humanitaire, le parti le classe dans la rubrique des « torts des régimes » et milite pour une solution consensuelle.

Au sujet du soutien du parti à la majorité présidentielle, Me Talebna a affirmé que ce soutien au Président de la République est motivé par la lutte contre la gabegie, la lutte contre les extrémismes de tout bord et la lutte contre les arrivistes qui ont investi le champ politique et les sphères du pouvoir.

L’avis des experts

L’exposé du président a suscité un long débat qui a permis aux journalistes et aux personnalités nationales présentes, d’agrémenter le débat de leurs points de vue et de recommandations, comme l’avait souhaité Me Mohamed Talebna.

C’est ainsi que le député Khalil Enahoui a plaidé pour la nécessité d’un consensus national sur le choix de la langue officielle en Mauritanie. Même son de cloche de la part de l’ancien ministre Sow Adama Samba qui a dit tout le bien qu’il pensait de la politique actuelle menée par le Président de la République avec le soutien du parti INSAV.

Beaucoup plus nuancée fut la position de l’ex ministre des affaires étrangères Mr Mohamed Vall Ould Bellal qui a invité les élites à mieux revisiter notre histoire en donnant au passé la place qu’il mérite.

Il a mis en exergue l’appui décisif reçu par la Mauritanie de la part du Sénégal et des autres pays de l’Afrique Subsaharienne qui furent les acteurs de l’adhésion de notre pays à l’ONU. Pendant ce temps, le monde arabe avait tourné le dos à la Mauritanie,affirme l’ex ministre.

Mais note Ould Bellal aujourd’hui la réalité a changé et la Mauritanie est devenue un pays arabe à part entière. Pour Ould Bellal aujourd’hui, nous avons besoin d’une période de transition pour évacuer le passif linguistique.

Et pour boucler la boucle, l’ex ministre Sidi Ould Ahmed Deya, une des têtes pensantes des fameux « Kadihines », le problème de la Mauritanie, ce sont les pouvoirs successifs. Sont-ils sérieux dans la mise en œuvre de leurs engagements ? Le doute demeure pendant, selon lui.

Il estime que toutes les grandes questions restent pendantes. Et même des décisions que l’on croyait révolutionnaires comme la création de l’Ouguiya et la nationalisation de la MIFERMA n’ont pas eu d’impact significatif sur la vie des citoyens, a-t-il regretté.

Ainsi cette nouvelle approche entamé par le parti ISLAH, a permis de braquer les projecteurs sur le rôle que devrait avoir un parti politique normal et sur des  questions d’intérêt national soumis à la réflexion et à l’expertise de citoyens animés par le désir de servir la collectivité nationale.

Bakari Gueye

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