L’Inspecteur général de l’État pour une approche préventive de la corruption

MADAR/Nouakchott/Le 13-12-2023

Dans un discours prononcé hier à la dixième session de la Conférence des États parties à la Convention des Nations Unies contre la corruption, tenue à Atlanta, aux États-Unis d’Amérique, l’inspecteur général de l’Etat (IGE) Hassan Ould Zein a souligné que le moment était venu de revoir et de développer des mécanismes pour prévenir la corruption, en tarir les sources et empêcher l’existence de refuges pour les fonds pillés.
Ould Zein a souligné l’importance de la session actuelle de la conférence, la qualifiant de grande, « non seulement parce qu’elle constitue une plate-forme mondiale pour diffuser la culture de la lutte contre la corruption et échanger des expériences et des expertises, mais aussi en raison des décisions qu’elle prendra ».
Ould Zein a indiqué que la Mauritanie était à l’avant-garde des pays au monde ayant ratifié la Convention des Nations Unies contre la corruption en 2006, soulignant son souci depuis son adhésion de mettre en œuvre les dispositions de l’accord.
Il convient de souligner que le travail de contrôle est préventif et la loi est de plus en plus coercitive. En effet en Mauritanie, avec la nouvelle loi anti-corruption de 2016, les auteurs de détournements des deniers publics n’ont plus droit à des circonstances atténuantes. Il ne suffit plus seulement de rembourser mais le dossier est directement transmis par l’IGE ou la Cour des Comptes au Parquet qui détient seul le pouvoir d’appréciation.
Mais le hic dans cette nouvelle loi anti-corruption c’est l’omission effectuée au niveau du parlement par les députés de leur corporation. Ainsi les députés ne font pas de déclaration de patrimoine, ce qui en soit est anormal car parmi eux il y a des hommes d’affaires.
La 1ère stratégie de Lutte contre la Corruption a été mise sur pied en 2010 ; La seconde a été mise à jour en 2016. Elle dispose d’un plan d’action budgétisé et d’une stratégie de communication.
S’étalant de 2023 à 2030, son plan d’action prévoit le financement de 120 projets avec une enveloppe de 11 milliards MRO.
La corruption a des conséquences désastreuses. Elle s’attaque aux fondements des institutions démocratiques en faussant les élections, en corrompant l’État de droit et en créant des appareils bureaucratiques dont l’unique fonction réside dans la sollicitation de pots-de-vin. Elle ralentit considérablement le développement économique en décourageant les investissements directs à l’étranger et en plaçant les petites entreprises dans l’impossibilité de surmonter les « coûts initiaux » liés à la corruption.
Le 31 octobre 2003, l’Assemblée générale a adopté la Convention des Nations Unies contre la corruption (résolution 58/4), et a prié le Secrétaire général de charger l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC) d’assurer le secrétariat de la Conférence des États Parties à la Convention.
Le 9 décembre a été déclarée Journée internationale de lutte contre la corruption, afin de sensibiliser le monde à ce problème et pour faire connaître le rôle de la Convention, en matière de lutte et de prévention.
En 2014, l’ONUDC et le PNUD ont développé une campagne globale conjointe, soulignant l’impact de la corruption sur l’éducation, la santé, la démocratie, la prospérité et le développement.

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