L’ONU s’inquiète des conditions de retrait de sa mission au Mali

MADAR/Nouakchott/Le 16-10-2023

Face à l’escalade militaire dans le nord du Mali, l’Organisation des Nations unies (ONU) a exprimé samedi 14 octobre sa préoccupation concernant le retrait en cours de la mission onusienne (Minusma).

Selon elle, les difficultés causées par la junte sont susceptibles de remettre en question le calendrier de départ des Casques bleus. Les colonels arrivés au pouvoir par la force en 2020 ont réclamé en juin, après des mois de dégradation des relations, le départ de la Minusma, déployée depuis 2013.

Le retrait des camps qu’elle occupait a exacerbé les rivalités pour le contrôle du territoire entre acteurs armés présents dans le nord, les groupes séparatistes à dominante touareg reprenant les hostilités contre l’État central et le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM) affilié à Al-Qaïda multipliant les attaques contre les positions militaires.

La confrontation risque de s’aggraver dans les prochaines semaines avec l’évacuation programmée des camps de la Minusma à Tessalit, Aguelhok et surtout Kidal, ville bastion des séparatistes. Une importante colonne de l’armée a pris la route en direction de Kidal.

Un calendrier de départ remis en cause

« Les Nations unies sont gravement préoccupées par l’intensification des tensions et une présence armée croissante dans le nord du Mali », ont-elles indiqué dans un communiqué transmis par la Minusma. Ces conditions « risquent d’empêcher le départ ordonné et dans les délais » de la Minusma, préviennent-elles. La mission onusienne doit avoir quitté le pays d’ici au 31 décembre.

Elles menacent aussi « de mettre en péril le transfert en toute sécurité du personnel des Nations unies et des biens appartenant aux pays contributeurs de troupes et aux Nations unies », disent-elles.

L’ONU « note avec une profonde préoccupation que, depuis le 24 septembre, ses convois logistiques n’ont pas été autorisés à quitter la ville de Gao pour récupérer le matériel des Nations unies et des pays contributeurs de troupes actuellement à Aguelhok, Tessalit et Kidal ».

« Cela pourrait avoir un impact important sur la capacité de la Mission à respecter le calendrier imparti », préviennent-elles. L’ONU s’inquiète du risque de devoir partir sans récupérer les équipements.

Elle souligne que la résolution du Conseil de sécurité mettant fin en juin au mandat de la Minusma « appelle le gouvernement de transition du Mali à coopérer pleinement avec les Nations unies afin d’assurer le retrait ordonné et en toute sécurité de la Mission ».

Avec AFP

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