Madar (Alger) - Le président algérien Abdelmadjid Tebboune a ordonné l'interdiction totale de l'utilisation du maïs comme fourrage vert dans l'alimentation du bétail et la création d'un office dédié aux légumes secs, lors d'un Conseil des ministres qu'il a présidé dimanche 8 novembre 2026, consacré à un exposé sur l'état et les perspectives du secteur de l'agriculture, du développement rural et de la pêche, selon le communiqué du Conseil des ministres diffusé par l'agence APS.
Le communiqué justifie l'interdiction du maïs comme fourrage vert par le fait que cette pratique n'a eu "aucun effet positif" sur la production de viande ni sur la couverture des besoins du marché national, ayant au contraire entraîné une "forte pénurie" de maïs grain. Il appelle aussi à lutter contre toutes les formes de rétention des productions agricoles par les agriculteurs, l'Etat ayant largement ouvert la voie à l'achat des cultures stratégiques aux meilleurs prix.
Selon le communiqué, les céréales restent du ressort de l'Office algérien interprofessionnel des céréales (OAIC). Le président a par ailleurs ordonné la création d'un service de statistiques couvrant l'ensemble des activités et métiers agricoles, afin de mettre fin aux retards d'approvisionnement du marché national, notamment en produits de large consommation, ainsi qu'un nouveau plan d'organisation de l'agriculture au niveau local.
Sur le plan organisationnel, Abdelmadjid Tebboune a chargé le ministre de l'Agriculture d'élaborer un plan de répartition des tâches au sein du ministère, confiant la pêche à un ministre délégué et les forêts à un secrétaire d'Etat chargé des forêts, et a ordonné de revoir le fonctionnement et l'organisation des entreprises du secteur.
Le président algérien a également ordonné de préparer dès ce mois-ci la prochaine campagne de moisson en assurant les moyens de mécanisation nécessaires dans toutes les zones de production, d'interdire de laisser les terres en friche et de lutter contre toutes les formes de fraude dans le secteur, de la production à la distribution.
Hors agriculture, il a ordonné d'augmenter le nombre de laboratoires de contrôle dans les ports et les aéroports, au lieu des deux existants, en priorisant les ports d'Oran, Mostaganem, Ghazaouet, Jijel et Annaba, et a chargé le ministre de la Justice de renforcer le dispositif juridique par des peines maximales en cas d'introduction délibérée de produits menaçant la santé publique.




