Madar (Tripoli) - La Cour des comptes libyenne (Diwan al-Mouhassaba) a annoncé mercredi 21 octobre 2026 la suspension de ses activités jusqu'à nouvel ordre, après l'irruption armée dans son siège de Tripoli « pour imposer un vice-président sans base légale », selon un communiqué relayé par l'agence libyenne LANA.
L'institution affirme que l'opération a mis en danger la sécurité de ses employés et qu'elle ne peut exercer son contrôle « dans un contexte sécuritaire où les faits sont imposés par la force ». La suspension durera jusqu'à la disparition de ses causes et le retour de conditions sûres, selon le texte.
À Benghazi, la présidence de la Chambre des représentants a jugé que la nomination d'un vice-président de la Cour par le seul Haut Conseil d'État « constitue une violation flagrante des accords » entre les deux assemblées sur les postes souverains, appelant toutes les institutions à ne pas en tenir compte, tout en poursuivant la coordination avec le Haut Conseil pour unifier ces institutions, selon LANA.
La Mission d'appui des Nations unies en Libye (Manul) a condamné le recours à la force pour imposer des nominations au sein des institutions souveraines, le jugeant « totalement inacceptable », et a demandé le retrait immédiat des éléments armés et le règlement des différends par les voies légales et institutionnelles, selon le Libya Herald. Les ambassades des États-Unis et du Royaume-Uni se sont dites préoccupées par la présence de forces armées au siège de la Cour, Washington appelant à une désescalade immédiate.
Selon le Libya Herald, une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux montre une bousculade à l'entrée du siège, rue Nasr à Tripoli, mercredi matin. Les autorités n'ont pas officiellement identifié la force à l'origine de l'irruption.




