Madar (Tripoli) - La Mission d'appui des Nations unies en Libye (MANUL) a souligné vendredi 23 octobre 2026 l'importance de préserver l'intégrité et l'indépendance de la Banque centrale de Libye, estimant que tout changement à sa tête doit s'inscrire dans un engagement à améliorer la gouvernance et à renforcer le contrôle, après la décision de la présidence de la Chambre des représentants concernant la direction de l'institution, selon un communiqué relayé par l'agence officielle LANA.
Pour la mission, l'indépendance opérationnelle et l'intégrité de la banque, ainsi que la coordination et l'unité de ses opérations dans tout le pays, sont essentielles pour protéger les ressources publiques, préserver la stabilité économique et financière et maintenir la confiance des partenaires financiers internationaux.
La MANUL a averti que la poursuite des pressions sur la Banque centrale pour financer des dépenses publiques croissantes pourrait accentuer la pression sur le taux de change, alimenter l'inflation et accélérer l'épuisement des réserves, une trajectoire jugée "non viable" qui se ferait au détriment des Libyens et pourrait accroître le risque de troubles sociaux. Elle a appelé toutes les parties à respecter pleinement les procédures juridiques et institutionnelles en vigueur, tout en affirmant son plein respect des institutions souveraines libyennes.
De son côté, l'ambassade des États-Unis en Libye s'est dite préoccupée, sur le réseau X, par les développements survenus à la Banque centrale, estimant que les tentatives de porter atteinte à sa cohésion technocratique et à son indépendance comportaient des risques importants pour la stabilité financière et économique du pays, selon LANA.
Plus tôt dans la journée, la Banque centrale avait annoncé la prise de fonctions de Fawzi Abu Khazam comme gouverneur par intérim, après une cérémonie de passation tenue jeudi en présence de membres de la Chambre des représentants et du Haut Conseil d'État. Selon son communiqué, cette nomination a été décidée par la Chambre des représentants "avec le soutien du Haut Conseil d'État", et le travail de la banque se déroule normalement.
Jeudi, la banque avait dénoncé l'entrée d'une force dans son siège à Tripoli, tandis que le gouverneur Naji Issa avait affirmé à des médias locaux ne pas avoir démissionné et que le premier vice-président du Haut Conseil d'État avait rejeté la démarche.




