Madar (Rabat) - Le Maroc a dépensé 17 milliards de dirhams entre 2022 et 2025 pour éviter une hausse des prix de l'électricité, alors que les pertes de l'Office national de l'électricité et de l'eau potable (ONEE) devraient dépasser 8,6 milliards de dirhams en 2026, a rapporté samedi 31 octobre 2026 le site Hespress, citant le rapport économique et financier accompagnant le projet de loi de finances 2027.
Selon la même source, les transferts de l'État ont permis à l'ONEE d'absorber la hausse des coûts internationaux de l'énergie sans la répercuter directement sur les ménages et les entreprises. Ce soutien a maintenu les tarifs malgré la volatilité des prix des combustibles, mais a pesé davantage sur les finances publiques.
L'ONEE a enregistré une perte nette de 6,96 milliards de dirhams en 2025, contre 7,29 milliards en 2024, et son déficit devrait atteindre 8,63 milliards cette année. Son chiffre d'affaires a reculé de 2,5 % à 41,47 milliards de dirhams en 2025, en partie en raison du transfert des activités de distribution aux 12 sociétés régionales multiservices.
Son endettement financier est passé à 55,93 milliards de dirhams, tandis que ses investissements ont atteint 7,36 milliards, soit 68 % du budget initial. Le gouvernement prépare une restructuration plus large de l'office, incluant sa transformation en société anonyme.
Le plan d'investissement 2026-2030 de l'ONEE s'élève à 219,1 milliards de dirhams, dont 177 milliards pour l'électricité et 42,1 milliards pour l'eau potable, avec un financement privé attendu à hauteur de 72 %. Il prévoit 14,34 gigawatts de capacités renouvelables supplémentaires, davantage de stockage, le renforcement des interconnexions avec l'Espagne et la Mauritanie et l'augmentation des capacités de dessalement.




