Madar (Tunis) - Le gouvernement tunisien prévoit une hausse du déficit budgétaire à un niveau record d'environ 5 milliards de dollars en 2027, soit 7,3 % du produit intérieur brut, sous l'effet de pressions persistantes sur les finances publiques et de difficultés croissantes à financer les dépenses de l'État.
Selon le projet de loi de finances, le déficit se creuserait par rapport à l'objectif de 6 % du PIB fixé pour 2026, reflet d'un écart grandissant entre recettes et dépenses. Il s'agirait du niveau le plus élevé jamais ciblé par un budget tunisien, alors que le pays fait face à une dette publique en hausse, une croissance faible et un accès limité aux financements extérieurs.
Le projet évalue les besoins d'emprunt de la Tunisie à environ 28,1 milliards de dinars en 2027, contre quelque 27 milliards en 2026. L'emprunt intérieur devrait dépasser 20 milliards de dinars, le gouvernement continuant de s'appuyer sur les banques et le marché financier locaux pour compenser la rareté des financements extérieurs.
Pour couvrir ses besoins, la Tunisie prévoit d'émettre en 2027 ses premiers sukuk souverains, pour 9 milliards de dinars, et de solliciter un nouveau financement direct de la banque centrale d'une valeur équivalente à 3,35 milliards de dollars.




