Mauritanie-France : la coopération au cœur de la biennale Euro-Africa 2025

MADAR/Nouakchott le 07-10-2025

La coopération entre la ville française de Montpellier et plusieurs villes mauritaniennes a été au cœur de la Biennale Euro-Africa 2025 qui se tient du 6 et 7 octobre au Forum de Montpellier
Dans l’esprit de changement de paradigme dans les dynamiques de coopération, cette édition a rassemblé élus, experts, institutions et acteurs de la société civile autour de solutions concrètes face aux défis communs : changement climatique, accès à l’eau, désertification ou encore gouvernance locale.
Pour la Mauritanie, le maire de Kiffa, Jemal Ahmed Taleb Keboud, a présenté les avancées du projet d’accès à l’eau mené dans sa commune en partenariat avec Montpellier et plusieurs partenaires européens.
« Le projet avance bien. Dix forages ont déjà été réhabilités, et un technicien spécialisé dans l’eau a été formé pour assurer la pérennité du système après la fin du projet », explique le maire. Ce projet qui existe depuis 2023, d’un montant estimé à 106 394 000 MRU, vise à renforcer la production et la distribution d’eau potable dans la commune de Kiffa, où la demande quotidienne atteint 6 000 m³ pour une population de 87 000 habitants. À ce jour, la capacité de production varie entre 2 000 et 3 000 m³ par jour. Les autorités locales fondent donc beaucoup d’espoir sur ce projet, ainsi que sur le projet national de Guerou, pour combler ce déficit en eau.
Dans la même dynamique, la présidente de la Région de Nouakchott, Mme Fatimetou Mint Abdel Malick, a signé un accord de partenariat pour la construction d’un réseau d’eau, aux côtés de la ville de Montpellier et d’un consortium international regroupant notamment Lausanne, Bordeaux et plusieurs villes suisses solidaires. « Montpellier a souhaité rejoindre ce consortium très important, non seulement pour renforcer la coopération décentralisée, mais aussi pour affirmer sa place dans un réseau de villes engagées », a-t-elle déclaré. La convention, estimée à plus de 4 millions d’euros (environ 2 milliards d’ouguiyas), illustre la volonté de renforcer la diplomatie des villes, que Mme Abdel Malick considère comme un levier essentiel du développement local.
« En matière de coopération, les collectivités sont les premières à répondre aux besoins des citoyens. C’est à leur porte qu’on frappe avant celle des ministères », a-t-elle rappelé.
Parmi les autres axes de coopération avec Montpellier, il y a le soutien de l’Université de Montpellier au programme nano-spacial que la Mauritanie ambitionne de développer
Mme Clara Hart, vise présidente de la Métropole de Montpellier, a précisé que ce projet vise à doter la Mauritanie de capacités de surveillance satellitaire pour mieux gérer son territoire et ses ressources naturelles. « Grâce à la collaboration avec nos universités et le soutien d’acteurs comme l’AFD, nous allons co-développer de petits satellites capables d’aider la Mauritanie à suivre l’évolution de son environnement », a-t-elle expliqué. Entre coopération décentralisée, innovation technologique et engagement environnemental, la Mauritanie s’affirme lors cette Biennale.
Cette biennale, née du Sommet Afrique–France de 2021, s’impose désormais comme un espace de co-construction et de dialogue entre les deux continents, où les villes, au même titre que les États, bâtissent les solutions de demain.

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