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Mauritanie

Ebola aux portes de l'Afrique de l'Ouest : ce qui a changé, et où en est la Mauritanie

Des agents de santé en combinaison de protection intégrale sur un site de riposte à Ebola
Des agents de santé en tenue de protection en RDC (archives)

Madar (Nouakchott) - Le directeur régional de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) pour l'Afrique, Mohamed Janabi, a déclaré jeudi 22 octobre 2026 que le continent fait face à « un paysage épidémique plus complexe », après que le Nigeria a confirmé un cas importé d'Ebola, le premier en Afrique de l'Ouest depuis le début de l'épidémie actuelle, selon Africanews.

Cette mise en garde intervient alors que l'épidémie a atteint une huitième province en RDC, où 9 552 cas confirmés et plus de 4 600 décès ont été enregistrés depuis sa déclaration à la mi-mai, dont environ 6 sur 10 hors des structures de santé, selon l'OMS.

De l'Ouganda à Abuja

Le cas nigérian concerne une femme diplomate ayant voyagé depuis l'Ouganda, selon Africanews. Ses symptômes sont apparus le 7 octobre, quatre jours après son arrivée, et l'infection a été confirmée le 20 octobre ; 44 contacts sont suivis, selon l'OMS, qui indique que la source de l'exposition reste inconnue.

Le Nigeria devient ainsi le cinquième pays à détecter la maladie cette année, après la RDC, la France, l'Ouganda et le Kenya, qui a enregistré 9 cas, dont un décès, et suivi 135 contacts.

Une souche sans vaccin

L'épidémie actuelle est due à la souche Bundibugyo, pour laquelle il n'existe ni vaccin ni traitement homologué. Le vaccin Ervebo vise la souche Zaïre ; un essai est en cours dans l'est de la RDC pour vérifier s'il protège contre Bundibugyo, après l'approbation en août par l'OMS de 70 000 doses pour le pays, selon Africanews.

Mobilisation continentale

Les Centres africains de contrôle et de prévention des maladies (Africa CDC) ont annoncé une réunion des ministres africains de la Santé par visioconférence le mercredi 28 octobre, en prélude à un sommet des chefs d'État et de gouvernement présidé par le président de l'Union africaine, le Burundais Évariste Ndayishimiye. « Ebola traverse les frontières, et notre riposte doit aller plus vite », a déclaré leur directeur général, Jean Kaseya.

Où en est la Mauritanie ?

Le 26 mai 2026, le gouvernement mauritanien a annoncé, dans un communiqué conjoint des ministères des Affaires étrangères, de l'Intérieur, de la Santé et de l'Équipement et des Transports, le renforcement de la surveillance sanitaire aux postes frontaliers et la création d'une cellule nationale d'urgence réunissant ces quatre secteurs, en session permanente, chargée du suivi de l'épidémie, de la sensibilisation et de la coordination avec les missions diplomatiques au sujet des ressortissants mauritaniens dans les pays touchés, selon l'Agence mauritanienne d'information (AMI).

Le gouvernement avait alors appelé les Mauritaniens résidant dans les pays touchés ou s'y rendant à la vigilance et au respect des consignes sanitaires. Madar n'a relevé, jusqu'au vendredi 23 octobre au matin, aucune nouvelle annonce officielle mauritanienne depuis le cas nigérian.

Le cas nigérian rappelle l'épidémie de 2014-2016 en Afrique de l'Ouest, qui avait fait plus de 11 000 morts, et que le Nigeria avait alors réussi à contenir sur son territoire.

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