Ghazouani An 4/Un bilan politique positif : Apaisement généralisé et neutralisation des opposants

MADAR/Nouakchott/Le 15-10-2023

Quatre ans après l’arrivée au pouvoir du président Mohamed Oould Cheikh El Ghazouani en juin 2019, son bilan est diversement apprécié. Deux visions diamétralement opposés se présentent. D’abord celle du camp du parti au pouvoir INSAF et des partis dits de la majorité qui estiment que ce bilan est largement positif, s’appuyant sur les réalisations faîtes dans tous les domaines, ensuite celle des partis de l’opposition qui estiment que le verre est à moitié vide.

Quoiqu’il en soit, s’agissant du volet politique, la donne a complètement changé depuis Août 2019 avec la résorption de la crise politique qui avait duré plus décennie et l’apaisement général qui avait consacré l’assainissement de la scène politique.

Ainsi, du point de vue de la politique intérieure Mohamed Ould Ghazouani avait réussi grâce à son tempérament jugé plus civilisé que celui de son prédécesseur, à son ouverture tous-azimuts sur l’opposition et à une politique de la main tendue qui s’est avérée efficace, réussi à amadouer voire même à subjuguer son opposition, y compris les éléments les plus radicaux qui étaient tous passés à la casserole.

L’élection de Mohamed Ould Ghazouani Ghazouani passait pour un événement exceptionnel en ce sens que pour la première fois depuis l’indépendance du pays, un chef d’État succédait à un autre dans le respect du cadre institutionnel. Elle avait suscité des attentes et de grands espoirs et beaucoup de mauritaniens tablaient sur une rupture.

Des événements politiques importants ont ponctué l’actualité depuis 2019. La mise à l’écart de l’ex président, la réforme du parti au pouvoir devenu INSAF et la mise en place d’une commission d’enquête parlementaire chargée d’éplucher divers dossiers de la présidence précédente, voilà autant d’actes qui ont été posés et qui ont tenu en haleine l’opinion publique nationale pendant longtemps.

Autre avancée à ajouter à ce tableau, l’abandon des poursuites à l’égard d’opposants, notamment l’homme d’affaires Mohamed Ould Bouamatou, rentré au pays le 10 mars 2020 après dix ans d’exil durant lesquels il avait fait l’objet d’un mandat d’arrêt international.

L’union sacrée autour du président Ghazouani a fini par réduire l’opposition à sa plus simple expression et la large victoire électorale du parti au pouvoir suite aux élections du 13 Mai dernier lui a asséné le coup de grâce.

La concertation politique du mois de septembre 2022 avait abouti à une organisation consensuelle des élections qui se sont soldés par une débâcle de l’opposition qui a crié à la fraude.

De ce fait on assiste depuis lors à un émiettement des forces de l’opposition, y compris le mouvement IRA et son aile politique à savoir le parti de la Refondation pour une action globale (RAG). IRA qui a connu plusieurs vagues de défections au sein de ses rangs y compris des responsables de premier plan et des cadres reconnus pour leur engagement au sein du mouvement. Et ce fut là l’une des conséquences du mariage de raison entre son leader Birame Dah Abeid avec le président Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani.

Des dissensions également au sein de l’Union des forces du progrès (UFP) et de la Coalition vivre ensemble (CVE).

Face à cette débandade de l’opposition, les alliés du président Ghazouani jubilent fort de leur écrasante victoire aux élections municipales, législatives et régionales et se frottent les mains en vue de l’échéance présidentielle de 2024.

La signature du Pacte Républicain, conclu le 21 septembre dernier entre le Gouvernement, l’Union des Forces du Progrès, le Rassemblement des Forces Démocratiques et Insaf, est vu comme un coup de grâce porté à l’opposition.

Et le ministre de l’intérieur n’a pas hésité à affirmer jeudi dernier au cours de la conférence de presse des membres du gouvernement que le contentieux électoral a été épongé en accord avec les partis qui avaient contestés les dernières élections et qui ont signé le document susmentionné.

Ce pacte qui prend en compte toutes les revendications de l’opposition lui coupe l’herbe sous les pieds, contribue à baisser la tension politique d’un cran et permet au président Ghazouani de gagner de précieux alliés et de baliser le chemin et de mettre le cap sur la présidentielle de 2024.

La Rédaction 

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