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Mauritanie

Inflation à 9,3 % : la Banque centrale de Mauritanie plaide pour un resserrement monétaire et alerte sur l'excès de liquidité

Des responsables de la Banque centrale autour d'une table devant un écran de graphiques
Une réunion du Conseil de politique monétaire (archives)

Madar (Nouakchott) - Le Conseil de politique monétaire de la Banque centrale de Mauritanie estime que l'accélération de l'inflation, qui a atteint 9,3 % en septembre, appelle un resserrement des conditions monétaires, avertissant que des taux d'intérêt inférieurs à l'inflation, conjugués à un excédent de liquidité bancaire, peuvent affaiblir l'efficacité de la politique monétaire et alimenter les tensions sur les prix, selon le procès-verbal de sa réunion consulté par Reuters et rapporté dimanche 1er novembre 2026 par le site Sahara Medias.

Le Conseil relève que le taux directeur de 6,75 % correspond à un taux réel négatif d'environ 2,5 %, ce qui, avec une liquidité bancaire élevée, peut freiner la transmission de la politique monétaire et favoriser des effets de second tour. Contenir les pressions exige d'agir sur deux leviers : les taux d'intérêt et la liquidité structurelle.

L'inflation est passée de 8,5 % en juillet à 8,9 % en août puis 9,3 % en septembre, les produits alimentaires y contribuant pour environ 6,8 points. Selon le procès-verbal, les pressions se sont étendues aux denrées non périssables de l'inflation sous-jacente, en hausse continue depuis septembre 2025.

Le Conseil reconnaît qu'un resserrement ne traitera pas directement les chocs d'offre à l'origine d'une partie de la hausse des prix, mais vise à en limiter la propagation au reste de l'économie.

Les réserves libres des banques atteignaient 4,35 milliards d'ouguiyas le 27 octobre, plus de quatre fois le niveau cible d'un milliard, et l'encours des opérations d'open market 17 milliards, dont 12 milliards en certificats de la Banque centrale ; la banque dit avoir intensifié ses ponctions de liquidité en octobre. Avant la réunion, le taux directeur était de 6,75 %, contre 7 % pour la facilité de prêt et 2 % pour la facilité de dépôt.

Le Conseil prévoit une croissance de 5,2 % en 2026, contre 3,6 % en 2025, portée par l'investissement et les secteurs non extractifs, malgré un ralentissement extractif au troisième trimestre, avec une baisse d'environ 19 % de la production de minerai de fer et de 6 % de l'or par rapport au trimestre précédent. Il avertit que la hausse du pétrole, le Brent atteignant 114,62 dollars le baril, pourrait alourdir la facture énergétique et les coûts de transport.

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