Madar (Nouakchott) - Le ministre de la Culture, des Arts, de la Communication et des Relations avec le Parlement, porte-parole du gouvernement, Mohamed Ould Babana, a publié mardi 20 octobre 2026 une circulaire imposant aux responsables de son département l'usage de l'arabe dans l'ensemble des lettres, notes, rapports et documents adressés à son cabinet, au lendemain de sa prise de fonction en remplacement d'El Houssein Ould Meddou, selon des sites d'information locaux.
La circulaire est adressée au secrétaire général du ministère, au secrétaire général de la Commission nationale pour l'éducation, la culture et la science, aux chargés de mission et conseillers, au conservateur national du patrimoine, aux directeurs centraux et aux directeurs généraux des établissements sous tutelle, et s'applique dès sa signature. Selon le texte diffusé, elle se limite aux documents adressés au cabinet du ministre et ne concerne pas l'ensemble de l'administration publique.
Ce n'est pas une première : en juillet 2025, le ministre de l'Économie et des Finances, Sid'Ahmed Ould Bouh, avait exigé que les correspondances de son département destinées aux ministères et organismes mauritaniens soient rédigées exclusivement en arabe, et en novembre 2025, le secrétaire général du ministère du Développement animal avait imposé l'arabe pour les correspondances soumises à sa signature.
L'article 6 de la Constitution dispose que « les langues nationales sont l'arabe, le pulaar, le soninké et le wolof » et que « la langue officielle est l'arabe ».
La circulaire a relancé le débat sur la langue de l'administration. Une tribune publiée par l'agence Alwiam a salué la mesure et appelé les autres départements à l'imiter, estimant qu'il ne s'agit pas de hiérarchiser les composantes de la société mais de respecter le statut constitutionnel de l'arabe tout en préservant la diversité linguistique.
À l'inverse, une tribune publiée par Cridem juge la décision légitime mais y voit une question de cohérence avec la candidature mauritanienne de Coumba Bâ au poste de secrétaire générale de l'Organisation internationale de la Francophonie, s'interrogeant sur la manière de concilier promotion de l'arabe et place du français.
Le même jour, l'Université de Nouakchott a lancé, en présence de l'ambassadeur de France, un plan d'action pour renforcer l'enseignement du français et l'enseignement en français, dans le cadre de son partenariat avec l'ambassade de France, avec des formations pour enseignants et étudiants et le développement des programmes, selon l'agence Alwiam.




