Madar (Nouakchott) - Le président Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani a affirmé vendredi 30 octobre 2026 que la première édition du forum des communautés mauritaniennes à l'étranger procède d'une "forte volonté nationale" de porter la relation entre l'État et ses citoyens à l'étranger "à un nouveau niveau, mieux organisé et plus efficace", fondé sur la concertation, la protection des droits, la facilitation des services et la mobilisation des compétences, selon le texte de son discours publié par l'Agence mauritanienne d'information.
Lors de l'ouverture du forum au Palais des congrès Mokhtar Ould Daddah, le président a énuméré les mesures prises selon lui depuis son arrivée au pouvoir : réorganisation du ministère des Affaires étrangères avec une compétence dédiée aux Mauritaniens de l'étranger, modification de la loi sur la nationalité pour permettre la double nationalité dans un cadre légal, élection directe des députés de la diaspora à l'Assemblée nationale, modernisation et numérisation des services consulaires grâce à une application d'identité numérique.
Il a estimé que résider à l'étranger "n'annule pas les droits des citoyens et n'exonère pas l'État de ses responsabilités", mais "n'exonère pas non plus les expatriés de leurs devoirs envers la patrie", les appelant à être une "force de construction" et un rempart pour l'unité nationale "face aux campagnes de dénigrement et aux partisans de la division".
Il a invité les hommes d'affaires et investisseurs de la diaspora à saisir les opportunités de l'économie nationale, à créer des emplois et à transférer des technologies, et les participants à proposer des mécanismes pour promouvoir et garantir leurs investissements et faciliter leurs transferts d'argent, assurant avoir "ordonné toutes les mesures nécessaires pour assurer le suivi des conclusions" du forum.
Évoquant le retard pris par la tenue du forum, le président a estimé que le souci de respecter strictement ses instructions pour une préparation soignée "a pu contribuer de façon considérable" à ce retard.
En amont, le ministère des Affaires étrangères a mené des consultations avec la diaspora dans 22 pays, sur les services consulaires, le séjour, les documents d'état civil, la protection juridique et sociale, l'éducation et l'identité, selon le ministre Mohamed Salem Ould Merzoug. Elles ont débouché sur des demandes de création d'un conseil national des communautés, de représentation électorale des Mauritaniens de l'étranger et de programmes de logement.
Le forum doit s'achever samedi par des recommandations et une feuille de route, après des ateliers sur les droits et la participation politique de la diaspora, avec la CENI et l'Assemblée nationale, et sur son rôle dans l'investissement et le tourisme.




