Aller au contenu
Mauritanie

Avant le vote du Conseil de sécurité sur la Minurso, la Mauritanie fidèle à sa « neutralité positive »

La salle du Conseil de sécurité de l'ONU à New York lors d'une séance officielle
Une séance du Conseil de sécurité de l'ONU à New York (archives)

Madar (Nouakchott) - Le Conseil de sécurité de l'ONU s'apprête à voter le renouvellement du mandat de la Mission des Nations unies pour l'organisation d'un référendum au Sahara occidental (Minurso), qui expire le 31 octobre, alors que la Mauritanie reste attachée à une position constante depuis plus de quatre décennies : la neutralité positive et le soutien à une solution pacifique et consensuelle, acceptée par les parties sous l'égide des Nations unies.

Les constantes de la position mauritanienne

Le Premier ministre Mokhtar Ould Djay avait réaffirmé en février, sur la chaîne Sky News Arabia, l'attachement de la Mauritanie à la neutralité positive, assurant qu'elle soutient toute solution convenue par les parties et qu'elle continuera de les aider à parvenir à un règlement consensuel.

L'ancien porte-parole du gouvernement, El Houssein Ould Meddou, était allé plus loin en juin 2025 sur France 24, qualifiant la position mauritanienne de « neutralité positive active », par laquelle Nouakchott pousse les deux parties vers davantage de rapprochement en vue d'une solution qui les satisfasse.

Cette position découle d'un choix fait par la Mauritanie depuis l'accord d'Alger de 1979, lorsqu'elle s'est retirée du conflit et a renoncé à toute revendication territoriale sur le territoire, un choix qui lui a épargné, selon de nombreuses lectures politiques mauritaniennes, les coûts d'une guerre et fait d'elle un acteur accepté par tous dans le processus onusien.

La proposition sur les frontières, remise en contexte

Le rapport du secrétaire général António Guterres, transmis au Conseil de sécurité le 1er octobre, mentionne une proposition mauritanienne de créer une commission chargée de clarifier « les frontières internationales définitives et permanentes du territoire contesté », présentée par le ministre des Affaires étrangères lors du cycle de discussions de Madrid des 8 et 9 février 2026.

Selon des lectures du rapport publiées dans la presse, cette proposition est présentée comme une contribution à l'encadrement d'une délimitation consensuelle dans tout règlement futur, et non comme une position finale ou un accord entre les parties. Le site marocain Le Desk relève que le rapport ne lui consacre qu'une phrase.

Pour des observateurs mauritaniens, la logique de la proposition s'inscrit dans la neutralité elle-même : clarifier les frontières avant tout règlement garantit la stabilité de ce qui sera convenu et évite de futurs différends. Le journaliste mauritanien Cheikh Ahmed Amin, spécialiste du Maghreb, souligne ainsi une « différence fondamentale entre délimiter les frontières dans le cadre d'un accord final et revendiquer la souveraineté sur une partie du territoire ».

Le récit de Jeune Afrique

Jeune Afrique a publié le 18 octobre un éclairage historique affirmant que la Mauritanie souhaite faire reconnaître sa souveraineté sur la ville de Lagouira, à l'extrême sud du territoire, un récit ensuite repris par des sites marocains et arabes, dont certains ont évoqué des hypothèses de marchandages politiques.

Ce récit ne s'appuie toutefois sur aucune déclaration ni aucun document officiel mauritanien. Le rapport du secrétaire général, selon ceux qui l'ont consulté, ne cite pas Lagouira dans le contexte de la proposition mauritanienne et ne permet pas d'affirmer que Nouakchott a changé sa position historique. Le gouvernement mauritanien n'avait pas réagi publiquement mardi matin.

Le vote attendu

Le Conseil de sécurité doit se prononcer sur le renouvellement de la Minurso avant l'échéance du 31 octobre, le secrétaire général ayant recommandé une prolongation d'un an. La résolution 2797 du 31 octobre 2025 avait prolongé le mandat de la mission d'une année.

Articles associés