Madar (Nouakchott) - Le collectif de défense de l'ancien président Mohamed Ould Abdel Aziz a demandé son transfert en France pour y recevoir des soins, mettant en garde contre la dégradation de son état de santé et estimant que son maintien en détention « constitue une menace pour sa vie », selon un communiqué lu lors d'une conférence de presse mardi soir 3 novembre 2026 à Nouakchott, rapporte l'agence indépendante Alakhbar.
Selon la défense, son client souffre de maladies chroniques, notamment cardiaques et rénales, nécessitant un suivi médical spécialisé. Elle affirme qu'il a été arrêté en juin 2021 en bonne santé, placé à l'isolement, puis victime six mois plus tard d'un caillot et d'une hémorragie ayant nécessité son hospitalisation.
Toujours selon la défense, le ministre de la Justice de l'époque a rencontré ses avocats le 23 juin 2024, en présence du procureur général et du directeur des prisons, et s'est dit prêt à prendre en charge son cas ; deux médecins ont alors recommandé son transfert urgent dans un centre spécialisé pour une opération, de préférence en Europe, une recommandation dont l'exécution est, selon elle, « restée bloquée ».
La défense indique que son client a subi en juin 2025 une crise cardiaque aiguë suivie d'un second cathétérisme, qu'elle a écrit en 2026 au nouveau ministre de la Justice sans réponse, et que la commission médicale de trois médecins formée par les ministères de la Justice et de la Santé « n'a pas examiné le patient ».
Elle a réitéré sa demande de transfert « sans délai » en France, avec la présence d'un médecin du centre spécialisé, et tenu les autorités pour entièrement responsables de toute atteinte à sa vie ou à sa santé. Aucune réaction officielle au communiqué n'avait été publiée au moment de la mise en ligne.
Mohamed Ould Abdel Aziz, qui a dirigé la Mauritanie de 2008 à 2019, purge une peine de 15 ans de prison dans le dossier dit de la « décennie », pour blanchiment d'argent et enrichissement illicite. L'un de ses avocats avait fait état le 22 octobre d'une crise aiguë d'essoufflement en prison.




