Madar (Nouakchott) - Quatre syndicats étudiants ont annoncé jeudi 22 octobre 2026 la création d'une nouvelle alliance, le « Front étudiant pour la défense des droits et des acquis », en s'engageant à coordonner leurs actions de protestation face à « l'accumulation des problèmes » à l'université, selon le site Al-Akhbar, le jour même où la police a dispersé des étudiants qui protestaient contre la crise du transport universitaire.
Cette alliance intervient au terme d'une semaine de tensions entre les étudiants et le ministère de l'Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique : protestation sur le transport, accusations de violation des critères des bourses et de l'orientation, et mesures ministérielles qui n'ont pas apaisé le débat.
Un front de quatre syndicats
L'alliance réunit l'Union nationale des étudiants mauritaniens (UNEM), l'Union générale des étudiants mauritaniens, le Syndicat national des étudiants de Mauritanie et la Ligue nationale des étudiants de Mauritanie. Son lancement dans un amphithéâtre de l'Université de Nouakchott a été suivi d'une marche dans le campus, conduite par les secrétaires généraux des syndicats, au cours de laquelle les participants ont qualifié le ministère d'« échec » dans sa gestion et ses décisions d'« improvisées ».
Selon un communiqué conjoint, l'alliance est l'aboutissement d'une série de réunions consacrées à la situation de l'enseignement supérieur et aux effets des décisions du ministère, et recourra à « toutes les formes légitimes de protestation », dont les sit-in, marches et meetings.
Que demandent les étudiants ?
Leurs revendications portent sur l'amélioration des services universitaires, la révision des critères d'attribution des bourses et la suppression de ceux qui « excluent » les étudiants méritants, la transparence dans l'attribution des bourses extérieures, la prise en compte des diplômés « privés » de poursuite d'études, l'élargissement des places en master et l'activation des écoles doctorales, ainsi que la protection des libertés syndicales, la représentation étudiante dans les conseils et le réexamen des cas d'étudiants « exclus ».
Le transport, étincelle de la rue
Le même jour, des étudiants ont manifesté à Arafat contre la crise du transport universitaire, sur la route reliant Riyadh au pont de Madrid, avant d'être dispersés par la police. Quelques jours plus tôt, le 15 octobre, le ministère avait annoncé la gratuité du transport pour 9 926 étudiants inscrits au registre social, un abonnement mensuel de 5 000 anciennes ouguiyas pour les autres et un ticket réduit (50 anciennes ouguiyas) disponible uniquement via une application.
Bourses et orientation : la bataille des chiffres
Mercredi, l'UNEM avait accusé le ministère de violer les critères de mérite et de transparence dans une nouvelle liste de boursiers au Maroc et dans l'orientation universitaire. Le ministère avait pour sa part annoncé le 19 octobre que 22 730 étudiants sur 52 256 remplissent les critères des bourses nationales pour 2026-2027, soit plus de 43 %, et attribué 3 900 des 4 000 lits du complexe universitaire de Nouakchott.
Questions ouvertes
Le ministère n'avait pas réagi publiquement au communiqué de la nouvelle alliance au moment de la publication. Plusieurs questions se posent : le ministère ouvrira-t-il un dialogue avec les syndicats avant que la contestation ne s'étende ? Les nouvelles mesures de transport suffiront-elles face à une difficulté quotidienne pour des milliers d'étudiants ? Et une révision des critères des bourses et de l'orientation, comme le demandent les étudiants, permettra-t-elle de clore le différend en ce début d'année universitaire ?




