Madar (Nouakchott) - La sécurisation des chantiers de la route Tindouf-Zouerate figure désormais officiellement à l'ordre du jour de la coordination sécuritaire entre la Mauritanie et l'Algérie, après que la réunion sécuritaire bilatérale de Zouerate a examiné jeudi 22 octobre la sécurité des entreprises chargées des travaux et de leurs employés algériens, ainsi que la lutte contre le trafic de drogue, la migration irrégulière et l'orpaillage illégal à la frontière commune.
Un projet de 840 kilomètres
Les présidents Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani et Abdelmadjid Tebboune ont lancé le projet à Tindouf le 22 février 2024, en même temps que l'inauguration de deux postes frontaliers et le lancement d'une zone franche. La route, d'environ 840 kilomètres, est financée par l'Algérie, qui l'exploitera dans le cadre d'une concession de 10 ans renouvelable, selon les annonces faites à l'époque.
Où en sont les travaux ?
Selon le quotidien public algérien Ech-Chaab du 24 avril 2026, le premier tronçon de 320 kilomètres, entre Tindouf et Aïn Ben Tili, était achevé à 45,91 %, réparti en quatre lots confiés à quatre entreprises publiques algériennes, avec un engagement de livraison sous 30 mois. Le journal évoquait des bases de vie le long du tracé, des puits et des carrières, ainsi que l'approbation par le Conseil des ministres algérien de stations-service sur la route.
Le wali de Tindouf avait inspecté en avril les chantiers jusqu'au point kilométrique 110 en territoire mauritanien, selon des médias mauritaniens et algériens citant un communiqué de la wilaya, sans divulguer de taux d'avancement global.
Un enjeu sécuritaire et économique
La route traverse de vastes zones désertiques du Tiris Zemmour, où se croisent contrebande, orpaillage anarchique et migration irrégulière, les mêmes dossiers qui dominent les réunions périodiques entre la 2e région militaire mauritanienne et le secteur opérationnel sud algérien de Tindouf.
Les autorités des deux pays n'ont pas publié de bilan officiel actualisé de l'avancement des travaux depuis avril, tandis que la dernière réunion a insisté sur la nécessité de "créer un environnement propice à l'accélération des travaux".




