MADAR/Nouakchott le 04-07-2026
La localité de Tiguint au Trarza abrite depuis hier un atelier consacré à la mise à jour de la stratégie nationale de communication pour le développement C4D mise en place en 2016.
L’atelier est organisé par le Ministère de la Culture, des Arts, de la Communication et des Relations avec le Parlement, en collaboration avec l’Organisation des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF).
Le lancement officiel des travaux de ce conclave qui a regroupé une vingtaine d’experts et de représentants de différents départements ministériels, a été donné par le Secrétaire Général du ministère de la culture qui a souligné que « cet atelier de réflexion marque le début d’un parcours ambitieux visant à établir un cadre national renouvelé pour la communication au service du développement ; renforçant ainsi le rôle des médias et de la communication en tant que levier essentiel pour soutenir les politiques publiques, changer les comportements et mentalités, et permettre au citoyen mauritanien de contribuer de manière consciente et efficace au parcours de développement économique et social, tout en préservant les acquis nationaux réalisés sur la voie de la croissance et du progrès. »
Et Secrétaire Général d’ajouter que « le gouvernement s’efforce de traduire la vision du président de la République en programmes de terrain et en approches pratiques concrètes, en renforçant la coordination entre les différents secteurs gouvernementaux, en développant des outils de communication publique, et en rapprochant le discours de développement des citoyens, afin de garantir la compréhension des politiques publiques, l’engagement conscient dans leur mise en œuvre, et l’adhésion à leurs effets positifs. »
Il a souligné que « les médias et la communication dans notre pays, comme dans toutes les sociétés développées, ont été et restent un terrain fertile pour l’échange de connaissances, la rencontre d’idées, l’orientation de l’opinion publique et la correction des stéréotypes ; contribuant ainsi à éclairer les esprits, à changer les mentalités et à guider les individus et les groupes vers l’adoption de pratiques bénéfiques et l’abandon des comportements nuisibles ou entravant le développement. »
Au vu de l’importance stratégique de la communication pour le développement et du rôle central qu’elle joue dans le développement humain, il a estimé qu’ « il est aujourd’hui urgent de mettre à jour notre stratégie nationale, afin de la rendre plus adaptée aux transformations rapides qu’a connues le paysage médiatique et communicationnel, et plus capable de suivre les priorités nationales et les programmes de développement adoptés. »
Cette stratégie, dans sa version mise à jour, vise à atteindre un ensemble d’objectifs stratégiques, parmi lesquels :
– Soutenir les programmes nationaux visant à lutter contre la pauvreté et à promouvoir le développement durable ; accompagner efficacement les politiques publiques dans les domaines social et économique ;
– Renforcer le rôle de la communication dans le changement des comportements et des mentalités qui entravent le développement;
– Ancrer une culture de participation individuelle et collective ainsi que de responsabilité sociétale chez les citoyens;
– Développer des approches communicatives efficaces qui répondent aux besoins de la société et tiennent compte de ses spécificités culturelles et sociales;
– Permettre aux différents médias et moyens de communication de contribuer de manière responsable à la réalisation des objectifs de développement global.
Le Secrétaire Général a invité les participants à l’atelier à un débat approfondi et responsable sur les moyens de mettre à jour ce document de référence, à travers les axes suivants :
– Étudier les stratégies nationales liées aux domaines économique et social;
– Prendre en compte les transformations structurelles et numériques qu’a connues le paysage médiatique et communicationnel national;
– Proposer les meilleures approches et mécanismes de communication capables de soutenir le développement et de changer les comportements;
– Définir les priorités et les axes principaux sur lesquels la stratégie mise à jour devrait se concentrer;
– L’adoption d’une feuille de route claire et d’un calendrier précis pour le processus de mise à jour, en vue de l’approbation de la stratégie dans sa version finale avant la fin de l’année en cours.
La C4D, un levier important pour l’atteinte des ODD
La première journée de l’atelier a été consacrée à l’état des lieux la stratégie nationale C4D fondé sur la promotion du dialogue entre les communautés et les décideurs aux différents échelons.
Son objectif est de promouvoir, développer et mettre en œuvre des politiques et des programmes qui améliorent la qualité de vie des populations.
Une présentation détaillée a permis de mettre en exergue l’importance de la stratégie avec tout d’abord le contexte général de la stratégie marqué par plusieurs points, entre autres les secteurs clés du développement, le Contexte socioculturel, la diversité ethno linguistique, la place de l’Islam dans la société, l’analphabétisme, l’effet des coutumes sur l’usage de la communication et les mutations sociales.
A propos de l’état des lieux de la communication, le cadre juridique et les politiques et stratégies de communication ont été expliqués et détaillés.
Il en est de même pour le diagnostic comportemental et les normes sociales dans les différents secteurs sociaux économiques.
Les éléments de la stratégie ont aussi été déclinés ainsi que le cadre de mise en œuvre.
Ce volet comprend les objectifs généraux et les approches de communication dont le plaidoyer, la mobilisation sociale, la communication pour le changement individuel…
A noter que la mise en œuvre de cette stratégie pose problème.
Cette mise en œuvre est affectée par l’instabilité de l’organigramme gouvernemental et la tutelle du ministère chargé de la communication est contestée par les autres départements qui optent beaucoup plus pour la tutelle de la primature.
Le ministère de la culture (Communication) a une vocation transversale d’où l’opportunité de lui confier la supervision de la mise en œuvre de la C4D.
Ce tiraillement de l’ancrage institutionnel affecte beaucoup la mise en œuvre de la stratégie.
Mais toujours est-il que certains départements comme ceux de la santé et des affaires sociales ont réussi une meilleure appropriation de la stratégie.
Ainsi, le comité C4D pour l’enfance sous l’égide de l’UNICEF a permis la mise en place de 5000 relais communautaires avec l’instauration de formations des formateurs.
Idem pour le ministère des affaires sociales qui s’est doté d’une direction chargée de la santé communautaire. Le ministère a intégré la communication dans son approche et là aussi il y a eu la mise en place de 2000 relais communautaires.
Ces 2 départements sont en avance et bénéficient de l’aide des partenaires notamment l’UNICEF et le FNUAP.
Il y a aussi l’agence TAAZOUR qui a fait la promotion sociale en se fondant sur la stratégie C4D avec la création d’un Comité Consultatif pour C4D. Des modules ont été introduits au niveau des ménages.
Seulement, malgré le fait que la stratégie soit très bien faite, elle ne bénéficie pas d’un suivi au niveau des départements ministériels.
Notons que la communication pour le développement, processus social fondé sur la promotion du dialogue entre les communautés et les décideurs aux différents échelons, a pour but de promouvoir, développer et mettre en œuvre des politiques et des programmes qui améliorent la qualité de vie des populations. Elle occupe ainsi une place centrale reconnue par la communauté internationale dans la réponse aux besoins d’information, de communication, de participation et d’habilitation des différents groupes de participants, singulièrement les plus vulnérables, en vue de la réalisation des Objectifs de Développement Durable (ODD).
Par Bakari Gueye






