Madar (Ouagadougou) - Les autorités militaires du Burkina Faso ont lancé la généralisation de l'enseignement bilingue dans tout le pays : durant les premières années du primaire, l'apprentissage se fait désormais dans une langue nationale majoritaire, le français passant au second plan, rapporte RFI dimanche 1er novembre 2026.
Selon RFI, quinze jours après la rentrée, les enseignants du primaire ont reçu une formation express en langues nationales, appelées à devenir le principal canal d'apprentissage des élèves du CP1, l'enseignement se faisant à l'écrit et à l'oral à 90 % en langue locale, à la suite d'une exigence du gouvernement.
Le pays a été divisé en zones linguistiques, dont le mooré, le dioula, le fulfuldé, le gulmancéma, le lyélé, le dagara, le bissa ou le nouni. Chaque enfant apprend dans la langue majoritaire de sa localité, quelle que soit son origine, puis la part du français augmente pour atteindre 90 % en cinquième année, le français redevenant la langue d'examen du Certificat d'études primaires.
La mesure ne fait pas l'unanimité chez les enseignants. "Savoir parler une langue dans la vie de tous les jours, ce n'est pas la même chose que lorsqu'elle devient brusquement la langue de travail et de pédagogie", s'inquiète l'un d'eux, tandis qu'une enseignante de Fada N'Gourma dit ne pas maîtriser le gulmancéma, langue de la région où elle a été affectée.
Certains parents déplorent l'absence de communication sur ce basculement, mais disent en prendre acte et envisagent d'assurer à domicile un encadrement en français pour leurs enfants.




