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Sahel

Salamat : les deux-roues interdits après des affrontements meurtriers

Un grand troupeau de moutons blancs sur un sol sablonneux parsemé d'arbres, un berger en arrière-plan, photo d'archives
Un troupeau de moutons dans un pâturage du Sahel (archives)

Madar (N'Djamena) - Le délégué général du gouvernement auprès de la province du Salamat, au Tchad, Ahmat Choua Rozi, a interdit "jusqu'à nouvel ordre" la circulation des engins à deux roues dans les sous-préfectures d'Ardo, Mouraye et Siheb, dans le département du Bahr-Azoum, après le conflit entre agriculteurs et éleveurs qui a endeuillé plusieurs familles et causé d'importants dégâts matériels depuis le 18 octobre 2026, rapporte Tchadinfos le samedi 24 octobre 2026.

La décision a été prise en présence des autorités sécuritaires, du président du Conseil provincial du Salamat et de membres du Conseil supérieur des affaires islamiques, branche du Salamat. Elle vise à favoriser le retour au calme et à mieux contrôler les entrées et sorties afin d'empêcher les déplacements de "personnes mal intentionnées", selon le site.

Le conflit avait éclaté dans la nuit du 18 au 19 octobre dans la sous-préfecture de Mouray, à la frontière des provinces du Salamat et du Sila, à la suite d'un désaccord sur le tracé d'un couloir de transhumance. Des sources sécuritaires concordantes faisaient alors état d'un bilan provisoire de 12 morts et 3 blessés graves. Les forces de défense et de sécurité ont été déployées sous le commandement du chef de la zone militaire n° 10.

Dans un incident distinct, le cortège du sous-préfet de Mangueigne, Hassan Awat Mahadi, dans lequel se trouvait le chef de canton Naoun Tourkama, a été pris dans une embuscade tendue par quatre personnes armées le mercredi 21 octobre 2026, selon le même site.

D'après des sources sécuritaires, l'un des goumiers a été tué sur place et l'autre, blessé, a succombé à Koukou lors de son évacuation d'urgence vers Abéché. La mission visait à sensibiliser au respect des couloirs de transhumance et au vivre-ensemble.

Ces événements surviennent alors que les éleveurs nomades et les producteurs engagés dans le repiquage du mil de décrue se côtoient dans la zone. Le jeudi 22 octobre, le sous-préfet de Darasna a sillonné les campements d'éleveurs autour de la mare d'Am-Taror pour prôner la cohabitation pacifique et appeler à éviter les feux de brousse et toute activité non autorisée dans la réserve du parc national de Zakouma.

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