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Sahel

HRW : une frappe de drone a tué 8 civils au Mali, des détenus torturés dans un conteneur à Sévaré

Un soldat malien armé debout près de véhicules militaires dans une rue
Un soldat malien et des véhicules militaires (archives)

Madar (Bamako) - Human Rights Watch a accusé jeudi 22 octobre 2026 l'armée malienne et son allié, l'Africa Corps contrôlé par la Russie, d'avoir commis « de nouvelles atrocités » contre des civils dans le centre du Mali, dont une frappe de drone ayant tué 8 civils et la détention, dans des conditions inhumaines, de prisonniers torturés dans un conteneur métallique sur une base militaire de Sévaré, selon un rapport de l'organisation.

D'après HRW, le 16 septembre vers 10 heures, un drone apparemment militaire a largué une munition à la périphérie du village de Guélédié, dans la région de Mopti, tuant huit hommes âgés de 25 à 40 ans et en blessant six autres, rassemblés autour d'un point d'accès payant à Internet via Starlink. Selon des témoins, le GSIM disposait d'une base dans le village et ses combattants avaient averti la population par WhatsApp avant de partir ; aucun d'eux ne figurait parmi les victimes.

Dans un communiqué du 17 septembre, le chef d'état-major de l'armée malienne avait affirmé que des unités avaient repéré au nord-est de Guélédié des « éléments terroristes dissimulés sous couvert végétal », disposant de « matériels de guerre et de moyens de communication satellitaire », avant de les « neutraliser ».

Le rapport fait aussi état de dizaines de personnes détenues entre mai et août dans un conteneur sans fenêtres ni sanitaires à la base de Sévaré. Quatre anciens détenus affirment avoir été torturés, notamment par des chocs électriques et des simulacres de noyade ; l'un d'eux dit que huit personnes sont mortes pendant sa détention. Selon HRW, des familles ont payé pour obtenir leur libération.

L'organisation dit avoir interrogé 15 personnes entre août et septembre et écrit aux ministres malien et russe de la Défense début octobre, sans réponse. Sa chercheuse sur le Sahel, Ilaria Allegrozzi, appelle à faire pression sur les autorités maliennes pour des enquêtes « crédibles » et demande au Conseil des droits de l'homme de l'ONU de renforcer sa surveillance.

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