Aller au contenu
SAHEL

Mali : Human Rights Watch documente des frappes de drones sur des civils et des exécutions de soldats captifs

Des soldats maliens à bord d’un véhicule militaire équipé d’une mitrailleuse
Des soldats de l'armée malienne (archives)

Madar (Bamako) - Human Rights Watch a accusé dimanche 19 octobre 2026, dans un rapport, les forces maliennes et leurs alliés d'opérations « abusives » contre des civils dans le centre et le nord du Mali depuis juillet, et des groupes armés islamistes et séparatistes de graves abus contre des soldats capturés.

L'organisation documente deux frappes de drones attribuées à l'armée malienne et qualifiées d'« apparemment indiscriminées » : l'une a touché un centre de santé à Talahandak, dans la région de Kidal, le 29 juillet ; l'autre un marché à bétail à Tombonkore, dans la région de Bandiagara, le 19 août, tuant six civils et en blessant au moins 20, selon le rapport.

L'armée avait alors affirmé avoir frappé un « repaire terroriste » à Tombonkore et « neutralisé » une vingtaine de « terroristes », tandis que des témoins interrogés par l'ONG assurent qu'aucun combattant ne se trouvait sur le marché.

Selon HRW, des combattants du JNIM et du Front de libération de l'Azawad (FLA) ont tendu une embuscade à un convoi de l'armée malienne et de l'Africa Corps russe près de Tabrichat, dans la région de Gao, le 18 juillet, avant de torturer et d'exécuter au moins 19 soldats qui s'étaient rendus ; plus de 50 soldats sont portés disparus.

Le comité de la charia du JNIM a reconnu par écrit les meurtres tout en affirmant ne pas les avoir ordonnés, tandis que le porte-parole du FLA, Mohamed Elmaouloud Ramadane, a nié toute exécution par ses forces.

Le rapport mentionne aussi la mort de cinq fillettes de 10 à 13 ans tuées par des soldats près de Niono le 12 juillet, pour laquelle l'armée s'est excusée, et le meurtre de trois hommes peuls par des miliciens dozo près de Djenné fin juillet.

Citant les données d'ACLED, l'ONG indique que les forces maliennes ont tué 268 civils entre avril et août 2026, contre 134 pour le JNIM.

HRW dit avoir transmis ses conclusions au ministre malien de la Défense le 5 août, sans réponse, et appelle le Conseil de paix et de sécurité de l'Union africaine à tenir une session consacrée à la protection des civils et à exiger des enquêtes indépendantes sur les abus de toutes les parties.

Articles associés