Madar (Bamako) - Amnesty International a demandé, dans un communiqué publié mardi 3 novembre 2026, aux autorités de transition maliennes de révéler « de toute urgence » le sort de l'avocat, homme politique et ancien ministre Mountaga Tall et de son fils Cheick Mamadou Tall, ainsi que le lieu où ils se trouvent, six mois après l'enlèvement du premier à son domicile, selon RFI.
D'après la radio, Mountaga Tall a été enlevé chez lui dans la nuit du 2 au 3 mai par des hommes cagoulés de la Sécurité d'État ; quelques jours plus tard, son fils a lui aussi été enlevé. Tous deux sont détenus depuis dans un lieu inconnu, en dehors de toute procédure légale, malgré les démarches des avocats de la famille.
Amnesty rappelle que, s'ils sont soupçonnés d'une infraction, ils doivent être présentés à un juge, informés des charges retenues et bénéficier des garanties d'un procès équitable, « dans le cas contraire, ils doivent être immédiatement remis en liberté ». L'ONG réclame une preuve de vie et un accès immédiat à leurs familles, à leurs avocats et à des médecins.
Les avocats de la famille ont saisi la justice malienne et le Comité des disparitions forcées de l'ONU ; le bâtonnier du Mali, la Conférence internationale des barreaux et la Commission africaine des droits de l'homme et des peuples ont également interpellé les autorités, sans qu'aucune information officielle n'ait été communiquée en six mois, selon RFI.
Ces dernières années, Mountaga Tall s'était impliqué dans des dossiers sensibles, contestant devant les tribunaux la dissolution des organisations politiques et défendant l'ancien Premier ministre Moussa Mara, qui a passé un an en prison pour un tweet critique.
Human Rights Watch avait pour sa part estimé, dans un communiqué du 30 octobre, que « chaque jour qui passe sans nouvelles fait craindre pour leur sécurité », inscrivant ces disparitions dans le cadre d'une « répression plus large » visant l'opposition, les médias et les dissidents.
Par ailleurs, quatre militants pro-démocratie détenus depuis mai, Youssouf Daba Diawara, Aboubacar Soumaré, Moussa « Abba » Djiré et Ibrahima Tamega, ont réapparu il y a une dizaine de jours. Présentés à un juge le 20 octobre, ils sont poursuivis notamment pour « atteinte au crédit de l'État », « association de malfaiteurs » et « tentative de déstabilisation » ; leurs proches les décrivent « très amaigris » et « traumatisés », sans accès à un médecin.




