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SENEGAL

Sénégal : bras de fer budgétaire entre Sonko et le gouvernement, une grève générale en vue

Ousmane Sonko en costume bleu devant un fond aux couleurs rouge et verte
Ousmane Sonko (archives)

Madar (Dakar) - Le différend au sommet de l'État sénégalais s'est déplacé sur le terrain budgétaire : le président de l'Assemblée nationale et de Pastef, Ousmane Sonko, a annoncé le lundi 19 octobre 2026 que les députés de son parti ne voteront pas en l'état la loi de finances rectificative 2026, alors que les syndicats préparent une grève générale de trois jours cette semaine.

Sonko : « face à face sur un plateau »

Lors d'un point de presse à Dakar après un conclave des cadres du parti, Ousmane Sonko, ancien Premier ministre, a lancé un défi au chef du gouvernement, Ahmadou Al Aminou Lo : « Si l'actuel Premier ministre le souhaite, on se retrouve face à face sur un plateau », ajoutant que « les Sénégalais vont juger », selon des médias sénégalais.

Selon lui, l'enveloppe des subventions aux carburants passe de 790 à 552 milliards de francs CFA en raison d'engagements pris auprès du FMI, et le litre de gasoil passerait à 867 francs CFA si le texte était adopté. Il dénonce aussi une baisse de 555 milliards des crédits d'investissement et des coupes dans des secteurs sociaux.

Pour compenser la baisse des subventions, il propose de réduire la fiscalité sur les hydrocarbures, qui représenterait selon lui environ 37 % des prix, en ramenant la TVA de 18 % à 15 % et en revoyant les droits de porte : « Si vous voulez diminuer la subvention, diminuez de manière conséquente également la taxe. »

Sur la dette, il affirme que personne n'avait accepté une restructuration : « Seul Al Amine Lô était d'accord », citant parmi les opposants l'ancien ministre de l'Économie Abdourahmane Sarr, l'actuel ministre des Finances Cheikh Diba et lui-même.

La réplique du gouvernement

En première réaction côté gouvernement, le ministre de l'Énergie et du Pétrole, Abdourahmane Diouf, a lancé : « Les conseilleurs ne sont pas les payeurs ! », interrogeant le bilan des conseils de Sonko durant ses 26 mois à la Primature, selon des médias sénégalais. Le gouvernement n'a pas encore pris officiellement position sur les exigences de Pastef.

Le Premier ministre Ahmadou Al Aminou Lo effectue depuis dimanche une visite de travail à Abidjan, selon l'Agence ivoirienne de presse et APA.

La rue attend la grève

Ce bras de fer coïncide avec l'appel de la CNTS et du Front syndical pour la défense du travail à une grève générale de 72 heures du 21 au 23 octobre, précédée d'une marche à Dakar le 20 octobre, pour réclamer notamment le paiement d'environ 100 milliards de FCFA d'arriérés dus à l'IPRES et la baisse des prix des produits de base, de l'eau, de l'électricité et des hydrocarbures.

Des syndicats de l'éducation et de la santé ont annoncé des grèves aux mêmes dates, moins de deux semaines avant l'ouverture des Jeux olympiques de la jeunesse à Dakar, les premiers organisés en Afrique.

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