Madar (Dakar) - Le Parlement sénégalais a rejeté mardi 3 novembre 2026 le projet de loi de finances rectificative pour 2026, jugé crucial pour l'assainissement des finances publiques d'un pays lourdement endetté, selon l'agence indépendante Alakhbar.
Selon l'agence, 109 députés ont voté le rejet, sur 132 présents pour un total de 165, contre 20 qui s'y sont opposés et 3 abstentions, lors d'une séance présidée par un vice-président de l'Assemblée nationale et marquée par des tensions et des débats houleux. Le texte avait déjà été rejeté à deux reprises en commission des finances.
« Ce n'est pas bien de jouer. Vous n'avez que le prétexte de la crédibilité budgétaire pour mettre en cause un projet aussi important que la loi de finances rectificative », a déclaré après le vote le ministre des Finances, Cheikh Diba, cité par l'agence.
Ce rejet jette le doute sur l'avenir de l'accord de financement de 2,2 milliards de dollars signé en septembre entre le gouvernement sénégalais et le Fonds monétaire international, selon Alakhbar.
Le projet visait à tenir compte de la forte hausse des prix des carburants, de la baisse des recettes fiscales attendues du plan de redressement du gouvernement et de l'alourdissement du service de la dette. Le gouvernement avait averti que son rejet menacerait notamment la fourniture d'électricité et le paiement des arriérés dus aux entreprises et aux enseignants.
La dette publique du Sénégal était estimée à environ 132 % du PIB fin 2024, et la situation est compliquée par la tension entre le président Bassirou Diomaye Faye et le président de l'Assemblée Ousmane Sonko, selon la même source.




