Situation politique : Ibrahim Yacouba plaide pour des négociations directes avec la Cédéao pour une sortie de crise pacifique

MADAR/Nouakchott/Le 29-10-2023

Disparu des radars au lendemain du coup d’Etat du 26 juillet, l’ancien ministre d’Etat en charge de l’Energie Ibrahim Yacouba, vient de refaire surface sur la scène politique  nationale sur laquelle il s’est également prononcé. Dans un message sur X (anciennement Tweeter), le président du MPN Kishin Kassa a appelé la Cédéao à la désignation d’un chef d’Etat comme facilitateur pour des négociations directes en vue d’une sortie de crise pacifique au Niger.

Certains ont vu une sorte d’appel du pied de l’ancien ministre, aujourd’hui en exil, aux nouvelles autorités du pays et d’autres, une sorte de mea-culpa d’Ibrahim Yacouba ! Ce qui est évident, c’est que trois mois après l’avènement du CNSP, le discours a radicalement changé pour le président du MPN Kishin Kassa qui, au lendemain du coup d’Etat, avait appelé la Cédéao, l’Union africaine et tous les partenaire du Niger, « à se joindre à la lutte du peuple nigérien en vue de la libération sans délai de la famille de Mohamed Bazoum et du rétablissement sans conditions de ce dernier dans son mandat de Président de la République ».

Désormais, le message et à l’apaisement et même une proposition de sortie de crise pour l’ancien ministre d’Etat qui dans un post sur X (anciennement tweeter) a appelé la Cédéao à « la désignation d’un chef d’Etat en exercice comme facilitateur de négociations directes » en vue d’une sortie de crise pacifique. « Il est de notre responsabilité commune de sortir urgemment du blocage » a ajouté Ibrahim Yacouba qui a mis en avant la situation politique, économique, sociale et sécuritaire actuelle du pays.

L’heure est donc désormais au réalisme, ou plus à la « real-politik », pour l’ancien ministre et allié du régime déchu. Avant lui, un autre allié de premier plan du PNDS Tarrayya, l’ancien ministre et président du CPR Incganci Kassoum Moctar, a profité de la brèche ouverte par l’ancien président Issoufou Mahamadou, pour marquer son opposition à une intervention militaire de la Cédéao au Niger et prôné « le dialogue » pour un retour de la démocratie au Niger.

Il est vrai qu’en trois mois, la donne est en train de changer avec le spectre d’une intervention militaire pour rétablir l’ancien président dans ses fonctions qui s’éloigne de plus en plus pour ne pas dire qui est définitivement écartée alors que la transition se met progressivement, mais certes lentement, en marche. Et en partant du principe qu’il n y a pas plus opportuniste qu’un politicien, ce qui est loin d’une insulte, les plus avertis sauront en saisir les opportunités quand elles se présentent et ainsi orienter leur discours en fonction de la direction du vent…

A.Y.B (actuniger.com)

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