MADAR/Nouakchott le 01-09-2026
L’Organisation de la transparence inclusive (OTI) a annoncé des données concernant l’incendie de deux stations de transformation dans la capitale Nouakchott au cours de deux jours consécutifs de la seconde moitié d’août 2026, ce qui a entraîné de vastes perturbations dans l’approvisionnement en électricité de plusieurs quartiers de la ville.
L’organisation a déclaré, dans un rapport abordant les circonstances de l’incident, qu’elle avait commencé une enquête préliminaire afin de déterminer les causes possibles des deux incendies.
Selon le rapport, les informations préliminaires recueillies par l’organisation, y compris les témoignages de plusieurs techniciens, indiquent des suspicions techniques liées aux câbles de moyenne tension récemment installés dans les deux stations, pour lesquels la société CTM Bâtiment était responsable de la fourniture, de l’installation et de la connexion au réseau.
Le rapport a également soulevé la question d’un éventuel conflit d’intérêts, en précisant que l’entreprise appartient à un député élu des circonscriptions du sud de Nouakchott, en s’appuyant sur les dispositions de la loi régissant les cas de conflit d’intérêts parlementaire.
L’enquête menée par l’organisation s’est concentrée sur trois axes principaux : l’évaluation de la compétence et de l’expertise technique de l’entreprise exécutante et son respect des conditions de l’appel d’offres, la révision de la transparence des procédures d’attribution du contrat, ainsi que l’examen des circonstances et des faits qui ont précédé l’incendie des deux centrales.
Le rapport a indiqué que les données disponibles soulèvent des questions sur la disponibilité de l’expertise technique nécessaire pour réaliser un projet impliquant des travaux spécialisés sur des réseaux de 33 kilovolts et leur connexion aux systèmes de contrôle et de distribution.
Il a ajouté que la société CTM Bâtiment a obtenu, le même jour où elle a été attribuée un contrat lié à des travaux à Nouakchott, un autre contrat pour poser un câble électrique de 33 kilovolts pour alimenter la station d’eau d’Idini, d’une valeur de 819 millions d’ouguiyas, malgré la présence de quatre offres financières de moindre valeur, selon les documents sur lesquels le rapport s’est basé.
Le rapport a également mentionné que l’entreprise a obtenu par la suite des contrats supplémentaires, dont un projet de construction de deux centrales électriques et de réhabilitation de six centrales existantes à Nouakchott, d’une valeur totale de 11 millions de dollars.
En ce qui concerne les causes de l’incendie, l’organisation a rapporté de sources techniques que l’incendie des deux stations s’est produit après l’installation et le raccordement des nouveaux câbles. Un ingénieur a suggéré que les câbles eux-mêmes, soit en raison de leur non-conformité aux spécifications techniques, soit en raison d’erreurs d’installation et de raccordement, pourraient être parmi les facteurs possibles derrière l’incident.
L’organisation a conclu son rapport par une série de recommandations adressées à la commission d’enquête, parmi lesquelles la soumission des câbles à un examen technique, la révision des enregistrements des caméras de surveillance, la vérification des qualifications de l’équipe qui a supervisé l’installation, ainsi que l’interrogation de la Société Nationale Industrielle et Minière (SNIM) sur le rôle réel joué par la société CTM Bâtiment dans le projet de la centrale solaire qu’elle cite parmi ses expériences antérieures.






