Une mission du FMI épingle la gestion de la décennie Aziz

Le Quotidien de Nouakchott – La mission du Fonds Monétaire International, qui a élaboré un diagnostic sur la gouvernance de la décennie de l’ancien président Mohamed Ould Abdel Aziz, a salué le travail de la Commission Parlementaire qui a enquêté sur la gestion de l’ancien Président lors de cette décennie.

La mission a estimé à cette occasion que le rapport de la Commission contenait » une présentation des plus détaillées des aspects et des mécanismes de la corruption en Mauritanie ».

Dans son rapport final, la mission a considéré que le travail de la Commission parlementaire constituait une enquête intégrée comportant des entretiens approfondis, et un examen de 12 cas présumés de corruption. Le rapport de la Commission a relevé et détaillé les cas individuels, et des cas flagrants de mauvaise gouvernance et d’usage abusif du pouvoir.

Le large éventail des administrations publiques et d’établissements publics victimes de ces pratiques et les bénéficiaires des faveurs découlant ces actions frauduleuses ont été répertoriés dans le rapport.

Dans son rapport confidentiel, dont copie a été obtenue par l’Agence de Presse Indépendante Al Akhbar, la mission du FMI a cité comme exemples des cas de mauvaise gouvernance, l’attribution d’une concession au niveau du port de Nouakchott, l’attribution de nombreux marchés de gré à gré, l’octroi de licences dans le domaine du pétrole, du gaz et de la pêche, la dilapidation de biens publics de l’État au profit de particuliers via des méthodes illicites, ainsi que de nombreuses pratiques gestion des biens publics favorisant des particuliers au niveau d’institutions et d’entreprises sensibles comme la Société Nationale de l’Industrie et des Mines (SNIM), la Société Nationale d’Electricité ( SOMELEC ) et la société Nationale d’Import et d’Export (SONIMEX).

Le Fonds Monétaire International, qui a accompli cette mission entre le 6 décembre 2021 et le 3 juin 2022 et a terminé son rapport en novembre 2022, a confirmé que » 89 % des marchés pour la mise en œuvre de projets d’infrastructures ont été conclus suivant le mode de gré à gré sans appels d’offre », alors que dans la plupart des cas, rien ne justifie ce mode exceptionnel, et que quand des projets font l’objet d’appels d’offres, le processus demeure obscur et peu transparent, et que certains marchés sont mis en œuvre par le biais de sous-traitances; un moyen d’échapper au contrôle de l’État sur les projets d’investissement, et , dans de nombreux cas, à des procédures non auditées par l’Inspecteur Général de l’Etat et, de surcroit, non révisées par l’organisme de contrôle (la Cour des Comptes).

Dans ses conclusions, la mission a estimé que la publication des rapports de la Commission d’enquête parlementaire en novembre 2020 « a donné un aperçu unique des mécanismes de gouvernance du pays et de la manière dont le système public a été dévoyé pour servir les intérêts privés d’individus influents ».

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