Le FMI reconnait une croissance économique forte en Mauritanie en 2023

MADAR/Nouakchott/Le 22-12-2023

La Mauritanie devrait connaître en 2023, une forte croissance de l’ordre de 4,8 %, qui reste tout de même en deçà de la performance de 6,4 % enregistrée l’année précédente, c’est qui ressort d’une évaluation menée par le Conseil d’administration du Fonds monétaire international (FMI).
Un communiqué du FMI, publié mardi, annonce le parachèvement, par ce Conseil, de ses premières revues des accords au titre de la facilité élargie de crédit et du mécanisme élargi de crédit (FEC/MEDC) en faveur de Nouakchott.
«Grâce à des politiques solides, au soutien des bailleurs et à la normalisation des prix des denrées alimentaires et de l’énergie, la croissance économique de la Mauritanie est restée forte en 2023», a déclaré le directeur général adjoint et président par intérim du Conseil, Kenji Okamura, à la suite des délibérations de son institution.
Il a encore précisé que l’inflation a reculé, s’établissant à 4,5 % fin 2023, contre 11 % en 2022, le déficit du compte courant s’est réduit, les réserves internationales sont restées à un niveau convenable et les résultats budgétaires sont demeurés conformes à l’objectif de réduction de la dette extérieure que se sont fixées les autorités mauritaniennes à moyen terme.
Okamura a laissé aussi entendre que «la mise en œuvre par les autorités d’un ancrage budgétaire contribue à protéger les dépenses publiques de la volatilité des prix des matières premières et à stabiliser la dette. Une politique budgétaire disciplinée qui préserve les investissements dans les infrastructures et les dépenses sociales contribuerait à une croissance plus élevée et plus verte tout en maîtrisant la dette».
Dans ce contexte, le Conseil d’administration du FMI recommande aux autorités de la Mauritanie «d’augmenter les recettes intérieures afin de créer une plus grande marge de manœuvre budgétaire, de rééquilibrer les dépenses publiques en limitant les dépenses courantes non ciblées, et d’améliorer l’efficacité de l’investissement public».

A noter qu’avant l’irruption de la crise de la Covid-19, la Mauritanie avait réalisé un exercice de repassage de son PIB qui conclut à une réévaluation de 22,7% pour l’année 2014 et 34,8% pour 2018. Le PIB était ainsi estimé à 7,6 Mds USD pour 2019. L’économie était prévue de se contracter de 3,2% en 2020, contre une croissance de 6,3% anticipée avant la crise, et de rebondir à 2% en 2021. Le PIB passerait ainsi à 7,4 Mds USD en 2020.

Mais si les marchés internationaux des matières premières destinées à l’exportation de la Mauritanie (minerai de fer, or) ont bien résisté, le secteur de la pêche a souffert de la baisse de la demande mondiale. Les transports et les services ont été sévèrement touchés par les fermetures et l’agriculture a été affectée par la sécheresse au Sahel. Néanmoins, la construction a été soutenue par les dépenses publiques malgré les retards dans la mise en œuvre des projets d’infrastructure. Selon la Loi de Finances 2021, le secteur primaire devait connaitre une récession de 6,9% en 2020, le secteur secondaire de 2,2% et le secteur tertiaire de 2,4%. La reprise en 2021 devrait être portée par le secteur des industries extractives, qui enregistrera une croissance de 2,7%, et le secteur des services (+0,9%).

La croissance devrait s’établir à 4,2% en 2022 puis 6,1% en 2023. Le besoin de financement extérieur est prévu d’augmenter de 26 M USD à 394 M USD par rapport à la Facilité rapide de crédit (FRC) d’avril, soit 5,3% du PIB. Les exportations mauritaniennes sont très dépendantes des marchés chinois (premier client avec 30% des exportations totales en 2018, 25% des exportations de poissons, 68% des exportations de minerai de fer et 100% des exportations de cuivre) et espagnol (14% des exportations totales), pays parmi les plus touchés par la pandémie.

Le gouvernement a adopté un plan national de réponse à la Covid-19 d’un montant de 644 M USD (8,5% du PIB) pour des réformes dans le secteur de la santé, de l’agriculture, la constitution de stocks de nourriture essentielle, le soutien direct aux ménages et PME et des lignes de crédit et garanties pour les entreprises.

Aujourd’hui il semble que les résultats de ce plan soient positifs au vu de la bonne santé relative salué par le FMI.

 

 

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