Le Tchad, dernier bastion de la présence militaire française au Sahel

MADAR/Nouakchott/Le 18-12-2023

Après les révolutions de palais au Mali, au Burkina Fasso et au Niger, la présence française dans la région du Sahel a été mise à rude épreuve. Et du jour au lendemain, cette présence s’est réduite comme une peau de chagrin.

Actuellement, le Tchadest le dernier pays du Sahel qui accepte encore la présence de l’armée française sur son sol. Le Tchad a accueilli le premier convoi terrestre qui a quitté le Niger.

Depuis 2013, la France agit selon elle pour la stabilité et la sécurité des pays du Sahel.

Mais ce n’est pas là l’avis des jeunes officiers qui ont tour à tour pris le pouvoir dans plusieurs pays de la région.

Aujourd’hui, les soldats français ont quitté la quasi-totalité de ces pays. Au-delà de la présence militaire, la présence diplomatique de la France a été remise en cause dans plusieurs de ces pays, comme au Burkina Faso en 2022. Les ambassadeurs au Mali ou encore au Niger ont été contraints de retourner en France.

En 2014, 3 000 soldats se trouvaient au Maliet au Niger, pour l’opération Barkhane. 1 600 étaient présents en Centrafrique pour l’opération Sangaris. 400 au Burkina Faso pour l’opération Sabre et 950 au Tchad pour l’opération Épervier.

Seule la présence au Tchad qui dure depuis 40 ans suite au déclenchement de  l’opération Manta semble encore avoir de beaux jours devant elle.

Mais là aussi on ne peut jurer de rien. En effet, sur les réseaux sociaux, un appel au départ des troupes françaises du sol tchadien circule depuis le jeudi 28 septembre.

Parmi les 21 signataires, des membres de la société civile et de partis politiques, de la diaspora et de l’intérieur du pays.

L’auteur du communiqué est le président du parti Rassemblement pour la Justice et l’Égalité au Tchad (Rajet), Ordjei Abderahim Chaha. Il se présente comme membre de « Wakit Tama section politique » et affirme que son appel fait écho aux préoccupations de nombreux Tchadiens, qui ne veulent plus, selon lui, de la présence de troupes françaises.

Cette présence est perçue, selon lui, comme un soutien au régime en place de Mahamat Idriss Deby Itno, fils du président défunt Idriss Deby Itno.

« Vous voyez maintenant, le peuple tchadien a plus conscience et a compris que la France n’apporte rien. La politique française n’apporte rien au Tchad. Le peuple tchadien n’est pas contre la France, mais nous sommes contre la politique française au Tchad. J’ai hésité plusieurs fois. Mais il faut que vous changiez parce que vous avez pris le mauvais côté : vous avez mis un système qui affronte le peuple tchadien et qui tue le peuple tchadien. Ce sont des gens qui détournent l’argent et qui s’en fichent du sort du peuple tchadien. Et souvent, ils disent clairement qu’ils sont soutenus par la France », a-t-il expliqué dans une déclaration au média français.

Le texte demande donc le départ des troupes françaises dans les trois mois, ainsi que l’annulation des accords entre Paris et Ndjaména.

La Rédaction

 

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