Madar (Kinshasa) - Le gouvernement de la République démocratique du Congo a accusé vendredi 17 octobre 2026 l'ancien président Joseph Kabila de préparer une « attaque générale » contre le pays, quelques jours après sa prise de tête d'une nouvelle coalition politico-militaire incluant les rebelles du M23, selon l'AFP.
Joseph Kabila « a décidé de formaliser son attaque généralisée contre la République », a déclaré à l'AFP le porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya, ajoutant que « le choix de prendre les armes signifie tuer des Congolais pour tenter de conquérir des territoires ». « Les acteurs restent les mêmes, la nature du mouvement reste la même », a-t-il estimé, évoquant une volonté de se donner un « nouveau visage ».
La nouvelle coalition, baptisée Front pour la refondation de la nation (FRN), a été présentée lundi soir à Goma, principale ville du Nord-Kivu contrôlée par le M23 depuis janvier 2025. Dirigée par Joseph Kabila, avec des cadres du M23 comme adjoints, elle remplace l'Alliance Fleuve Congo (AFC) et dit vouloir « mettre fin à la tyrannie par tous les moyens, y compris la force », selon la même source et Al Jazeera.
Âgé de 55 ans, Joseph Kabila a dirigé le pays de 2001 à 2019. Il a été condamné à mort par contumace il y a un an pour « complicité » avec le M23. Kinshasa et plusieurs acteurs internationaux accusent le Rwanda de soutenir le mouvement, ce que Kigali dément. Dans un discours diffusé vendredi, Joseph Kabila a reproché au gouvernement d'être « motivé uniquement par sa propre perpétuation au pouvoir ».
Parmi les réactions, l'ancien président de l'Assemblée nationale Vital Kamerhe a appelé les dirigeants de la coalition à renoncer aux armes et à privilégier le dialogue, estimant que « rien ne peut justifier » de prendre les armes contre son propre pays. Le FRN a pour sa part affirmé mercredi dans un communiqué qu'il reprenait les engagements de l'AFC, « notamment ceux pris dans le cadre des négociations de Doha », selon Al Jazeera.

