Madar (Johannesburg) - Les Sud-Africains ont voté mercredi 4 novembre 2026 lors d'élections locales très suivies, où les partis se disputent le contrôle des grandes villes, un scrutin censé donner la mesure de l'humeur nationale avant les prochaines élections générales, selon l'AFP, reprise par Africanews.
Le scrutin doit désigner les dirigeants des huit grandes municipalités métropolitaines, de 44 conseils de district et de 205 conseils locaux, selon l'agence AP, et 546 partis sont en lice. Le président Cyril Ramaphosa a voté à Johannesburg, saluant ce qu'il a qualifié de forte participation à travers le pays. Les bureaux de vote ont ouvert à 05h00 GMT et devaient fermer à 19h00 GMT. Selon le directeur général de la commission électorale, Sy Mamabolo, les chiffres préliminaires indiquaient qu'environ 12 millions d'électeurs avaient voté à 17h00 heure locale, le Gauteng en tête avec 3 millions, suivi du KwaZulu-Natal avec 2,5 millions, a rapporté la radio sud-africaine Eyewitness News.
Après avoir voté au lycée de Hyde Park, à Johannesburg, Cyril Ramaphosa a déclaré à la presse que l'exclusion de son pays du programme commercial américain AGOA était "un point négatif pour nous", privilégiant un accord commercial bilatéral avec Washington, selon le site sud-africain IOL. Commentant les élections de mi-mandat américaines, il a estimé que "cela va ouvrir une nouvelle ère dans les relations internationales", ajoutant : "Nous sommes toujours disposés à avoir de bonnes relations avec les États-Unis".
Le vote intervient alors que les électeurs font face à des infrastructures délabrées, des robinets à sec, des inégalités persistantes et un chômage supérieur à 30 %. "Je veux que les choses changent... les gens doivent trouver du travail", a déclaré Thembinkosi Somana, 50 ans, premier dans la file d'un bureau de vote du township de Langa, au Cap. "Nous ne devrions pas avoir à nous inquiéter de l'électricité et de l'eau. Cela dure depuis des années", a confié à Johannesburg Andrea Smith, 41 ans.
Plus de 29 millions d'électeurs sont inscrits, mais la participation aux précédentes municipales, en 2021, n'avait été que de 46 %. Le Congrès national africain (ANC), parti de Nelson Mandela, reste donné en tête au niveau national, mais les sondages annoncent un nouveau recul, après être passé sous la barre des 50 % pour la première fois aux municipales de 2021, puis à un peu plus de 40 % aux élections générales de 2024, ce qui l'a contraint à partager le pouvoir dans un gouvernement d'unité nationale avec neuf autres partis.
L'Alliance démocratique (DA), deuxième parti du pays, vise Johannesburg, qui a changé cinq fois de maire en quatre ans et est dirigée par une fragile coalition menée par l'ANC, tandis que le parti uMkhonto weSizwe (MK) de l'ancien président Jacob Zuma mène une forte offensive pour la ville portuaire de Durban. Les résultats définitifs sont attendus dimanche et pourraient ouvrir une nouvelle série de négociations de coalition dans plusieurs grandes villes ; en février 2026, 74 des 257 municipalités étaient déjà gérées par des coalitions ou des administrations minoritaires, selon le Mapungubwe Institute for Strategic Reflection.




