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Sénégal

Sénégal : la commission des Finances demande le retrait du budget 2027, le gouvernement dénonce une "obstruction"

Séance plénière dans l'hémicycle de l'Assemblée nationale du Sénégal à Dakar
L'Assemblée nationale sénégalaise lors d'une séance (archives)

Madar (Dakar) - Le bras de fer s'est durci au Sénégal entre la commission des Finances de l'Assemblée nationale et le ministère de l'Économie, des Finances et du Plan autour du projet de loi de finances initiale 2027, après le rejet mardi par les députés du projet de loi de finances rectificative 2026, selon deux communiqués relayés jeudi 5 novembre 2026 par la presse sénégalaise.

Le président de la commission des Finances et du Contrôle budgétaire, Alphonse Mané Sambou, avait demandé dans une lettre au ministre datée du 3 novembre "le retrait du projet de loi de finances initiale 2027 transmis à l'Assemblée nationale par décret présidentiel", estimant que "le rejet de la LFR 2026 remet en cause les hypothèses de référence du budget 2027" et réclamant une version révisée fondée sur la LFI 2026, selon le site Pressafrik.

Le ministère a répliqué dans un communiqué que "le rejet d'un projet de LFR n'emporte pas, par lui-même, le retrait de la LFI de l'année suivante", rappelant que l'Assemblée nationale avait adopté la LFI 2026 le 13 décembre 2025, avant la deuxième LFR 2025, adoptée le 30 décembre 2025. Il a également invoqué le règlement intérieur de l'Assemblée, qui prévoit la convocation des commissions au moins 48 heures avant leur réunion.

Pour le ministère, la "succession d'initiatives" de la majorité parlementaire (Pastef) "s'apparente à des manœuvres d'obstruction" dont l'objectif serait notamment de compromettre l'assainissement des finances publiques, la relance économique, l'apurement des arriérés de paiement, le soutien de l'État aux plus vulnérables et des engagements pris envers les syndicats, selon la même source.

Dans un communiqué en réponse jeudi, Alphonse Mané Sambou a rejeté ces accusations et présenté la demande de retrait comme "facultative". Il a affirmé que le gouvernement était représenté par le ministre de la Communication et porte-parole Bacary Sarr à la Conférence des présidents du 3 novembre et que l'exécutif était "bien informé 48 h avant le démarrage des travaux des commissions", attribuant la polémique à "un léger retard dans l'acheminement de la convocation physique". La réunion de la commission a été reprogrammée au samedi 7 novembre, selon Senego.

Le président de la commission a rappelé que l'article 68 de la Constitution impose au Parlement d'examiner le budget dans un délai de 60 jours au plus après son dépôt, effectué le 12 octobre, et que la commission travaillera sur le seul texte dont elle est officiellement saisie. Il a dénoncé "l'opacité" et le "manque de sincérité" du document budgétaire : "aucune tentative de manipulation de l'opinion n'empêchera l'Assemblée nationale d'effectuer son travail en toute conscience".

Ce différend budgétaire jette le doute sur l'accord de financement de 2,2 milliards de dollars conclu avec le Fonds monétaire international, dans un pays dont la dette publique est estimée à environ 132 % du PIB.

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